[Mob-afesh] Prochaine rencontre + texte !
Guillaume !
guillaume at resist.ca
Dim 23 Sep 08:55:13 PDT 2012
Hey !
On s'rerencontre quand ? J'imagine que vous êtes tous en fin de session
comme le tabarnac ?? J'ai faite un doodle:
http://doodle.com/t4cvfhms6xzkk739
Gabrielle, Véronique, Walter, Geneviève, Louisa, Christine, Francois,
Hubert et autre déserteurs-trices, vous êtes intéresséEs pour la
prochaine session ? On pourrait se faire un plan d'action pi d'choses
qu'on veut faire à prochaine réunion ?
Sinon, j'avais à faire une texte sur la démocratie directe, pour
l'unité, mais j'avais plus envie de faire ca sur l'antiautoritarisme, et
comme y'en a pas mal qui semble être d'accord avec moi la d'sus, sur
cette liste ben j'vous l'envoie. On pourrait même faire de ca un texte
du "mob-afesh" dans l'journal l'unité, si jamais on s'rencontre avant
l'3 ! (C'est 1200 mots, c'est vraiment trop long!)
Moé j'fais c'que j'veux : manifeste pour des organisations
antiautoritaires à l'UQÀM !
Il semble que si une valeur s'est perdue, depuis le début des années
2000, c'est l'antiautoritarisme. Cette valeur part du sentiment viscéral
de « toé tu m'diras pas quoi faire tabarnac!!! » et se rend jusqu'à
l'organisation formelle d'individus qui refusent l' « aliénation
militante ».
Ça implique une chose : que les gens sont plus efficaces quand ils font
ce qu'ils veulent faire, plutôt que quand ils se font dire quoi faire.
C'est un refus de l'aliénation : les travailleurs-travailleuses à une
tâche politique conçoivent collectivement le résultat final ensemble, et
ensuite, quand ils et elles ont verbalisés un rêve commun, ils et elles
s'attaquent aux tâches nécessaires pour en faire une réalité. Il est
possible à tous et toutes de suivre une liste de tâches pour faire une
manifestation, toutefois pour vraiment sortir du cadre, il faut parler
de nos désirs, de nos sentiments, aller à la racine de notre frustration
contre l'existence des frais de scolarité (et du capitalisme).
Ici sera présenté un pseudo-canevas d'organisation antiautoritaire.
Écoute
La première étape, avant toute action faite collectivement, est de voir
quels sont les intérêts de chacun. Qu'est-ce qui nous choque dans les
opinions entendues dans la rue, qu'est-ce qui nous choque dans les
propos des chroniqueurs, quelles formes d'injustices sont les plus
marquées dans notre communauté ? Il apparaît absurde que les personnes
impliquéEs dans un projet collectif ne décident pas de s'attaquer à ce
qui leur semble le plus problématique.
Deux critiques sont généralement adressées : la lenteur du processus et
la réinvention de la roue. Premièrement, le processus, oui, exige un
plus long temps de démarrage, mais permet de donner un contrôle aux
nouveaux et nouvelles, en voyant leurs contributions appréciées, et en
teintant le processus de leur volonté propre. Ensuite, puisque
l'engagement politique part des réalités individuelles cela apporte une
critique complexifiée des phénomènes, en laissant plus de place à une
critique du sexisme, du racisme et de l'hétérosexisme, qui sont
typiquement oblitérées lorsqu'on se base sur un objectif fixe : gratuité
scolaire, résistance au capitalisme, etc.
Cela amène des gens à dire que dans ce contexte, la roue est réinventée
à chaque action. Bien que fréquemment, rien de nouveau n'est inventé, il
arrive que des actions politiques de type nouveau émergent, par exemple
la Nuit de la Création. Sans se donner une table rase sur laquelle
réfléchir, il semble que les idées nouvelles ne peuvent surgir. De
l'autre côté, puisque le processus est ouvert et la réflexion est
collective, tous et toutes sont impliqués dans les décisions importantes
et deviennent à même reproduire le processus organisationnel.
Consensus
Pour que l'écoute soit utile, il faut que la prise de décision soit
conséquente. Ce qui est généralement entendu par consensus, c'est de
partir d'une proposition, laquelle est amendée automatiquement de toutes
les suggestions d'ajout, à moins que des gens s'opposent à un tel
amendement. Cela fait que l'on part d'une base, « journée de
réflexion », à laquelle sont ajoutées nourriture, café, garderie, au fur
et à mesure que sont amenés les enjeux.
Cela a pour effet principal d'enlever toute forme de conflit à un
processus décisionnel. La rencontre réunit ceux et celles qui tiennent à
une ressource commune, par exemple un comité de mobilisation, et le
nombre de personne est généralement limité. Il est que tous et toutes
ont à coeur le projet, et donc, dans un point action, les idées amenées
sont acceptées de facto comme proposition. Tous et toutes apportent
leurs problèmes avec la proposition : inclusivité, sécurité, en même
temps que des solutions pour résoudre le problème. Généralement, lorsque
le tour de parole est épuisé, la proposition convient à tous. Tous et
toutes ont la responsabilité de tirer des consensus préalables, des
points qui ne sont pas au coeur du litige, pour éviter que ceux-ci
soient ramenés de manière récurrentes. Aussi, souvent tout est mélangé,
tant que les éléments sont inter-reliés. Un exemple est un type
d'action, son heure, et le ton de l'appel. Les trois sont reliés, et
sont réfléchis conséquemment.
Au lieu de passer l'essentiel d'une réunion à formuler les problèmes et
solutions à une proposition, dans le cas des méthodes par consensus,
dans une structure de décision basée sur le vote à majorité, l'effort
est mis plutôt sur la création d'antinomie pour-contre, qui divise
inutilement. En fait, lorsqu'une proposition ou un amendement imparfait
est apporté, au lieu de simplement trouver les problèmes potentiels à
résoudre avec celui-ci, généralement la salle se divise en deux camps :
ceux qui désirent sous amender, et ceux qui désirent battre l'amendement
pour en proposer un meilleur. La personne, qui de bonne foi, tente
d'apporter une amélioration à une proposition problématique est
généralement désarçonnée de la lourdeur bureaucratique qui s'ensuit, de
même que les nouveaux-nouvelles. Après 3 ou 4 modifications tous et
toutes tentent d'éviter d'apporter des amendements, et la salle ressort
avec une proposition suffisante pour la majorité, sans que ceux en
opposition soient écoutés, pour s'assurer de leur implication continue
dans le processus.
Support mutuel
Dans les réunions d'organisation ultérieure, les tâches effectuées sont
validées, et les nouvelles décisions à prendre sont apportées. Le
principe de support mutuel est apporté. Si une personne n'a pas réussi à
accomplir une tâche, la faire sentir coupable n'est pas une solution,
puisque tous et toutes tentent d'accomplir un projet commun. Alors, si
une tâche ne peut être réalisée si elle est impossible, d'autres
solutions sont recherchée, ou si la personne a besoin d'une aide
particulière, le groupe se charge de l'apporter. Plus le groupe offrira
de support aux gens qui s'avèrent finalement incapable d'accomplir une
tâche, moins les autres membres auront peur de prendre des tâches, et
plus ils seront encouragés à admettre une incapacité, ce qui assure la
réalisation des tâches.
Souvent, une frontière est tracée entre le privé et le public, et
l'implication politique est vue comme une action dans la sphère
publique, et donc ne devrait pas se mêler des affaires personnelles des
militants et militantes. Or les individus qui s'impliquent ont une
trajectoire de vie qui les a menés à une opposition à l'ordre établi, et
l'objectif n'est pas seulement d'effectuer une action, mais surtout de
supporter les individus qui décident de s'impliquer politiquement.
L'enjeu est de faire du militantisme un mode de vie, de créer des
collectifs qui offrent un support personnel et affectif en retour de
l'implication des individus. Si nos organisations font que des militants
et militantes associent militance et souffrance, il n'y a que peu de
chance d'obtenir un engagement à long terme. Il s'agit donc d'un réel
suicide stratégique puisque l'implication comporte une grande quantité
d'apprentissage, et donc, après les deux trois années à s'astreindre à
un « militantisme salvateur », l'épuisement emporte la personne qui
peiné à apprendre les rouages de lutte, au moment où elle devient la
plus efficace.
Retour
Finalement, la réussite, c'est très optionnel, et ça n'arrive pas
toujours. Il faut donc comprendre ce qui est arrivé, pourquoi le groupe
s'est trompé, comment il aurait pu réussir. Un groupe apprend de ses
erreurs, et s'il n'a pas réussi à obtenir un succès, il doit au moins
apprendre à ses membres la manière d'obtenir le prochain succès.
Dans une période où l'opposition ne sera peut-être pas si grande que
sous le règne de Charest, il faut permettre l'émergence de toutes les
critiques possibles. Sommes-toutes, les micro-organisations ont jouées
un rôle énorme dans la grève, et elles seront définitivement
instrumentale dans la réalisation de la prochaine. Alors si vous et
copains trouvez qu'il y a des choses qui ont pas d'allure, mettez-vous
ensemble, trouvez des alliés, et foncez ! On est vraiment libre que
lorsqu'on est contre !
G
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