[IPSM] Declaration en reponse au debat sur les "accomodements raisonnables" :: No One Is Illegal Statement on the xenophobic debate about "reasonable accommodation"
No One Is Illegal Montreal
nooneisillegal at gmail.com
Mon Feb 5 21:05:02 PST 2007
[English below]
[Des membres de Personne N'est Illégal-Montréal ont tenu á réagir au «
débat » xénophobe remuant le Québec au sujet des « accomodements
raisonnables » en rédigeant la déclaration suivante.
Si vous êtes un groupe ou individu qui désirez signer cette
déclaration, contactez-nous! Si vous désirez vous joindre à des
actions visant à confronter et dénoncer le racisme et la xénophobie
tapissant ce débat, contactez-nous! – noii-montreal at resist.ca ou
514-848-7583.]
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Déclaration en réponse au débat sur les « accomodements raisonnables »
5 février 2007
En tant que femmes racialisées et migrantes, nous sommes outrées
devant l'infâmante propagande xénophobe et raciste articulée dans le
cadre du débat autour des « accommodements raisonnables ».
En tant qu'actrices à part entières, affirmant notre capacité à nous
auto-déterminer, nous rejetons le discours paternaliste et
fondamentalement misogyne répétant la nécessité que les structures de
l'État nous protègent et nous sauvent de nos propres cultures.
Nous affirmons qu'un tel discours est à la fois raciste et sexiste :
raciste, car il perpétue la notion que nos cultures sont foncièrement
rétrogrades et barbares, en contraste avec la culture blanche et
occidentale, envisagée comme forme ultime de civilisation et de
progrès; et sexiste, car provenant d'une perspective qui tend à
infantiliser les femmes, ou celles-ci sont perçues comme de simples
victimes incapables d'oeuvrer à leur propre bien-être.
Cette notion de « civilisation » est intrinsèquement liée à la
rhétorique coloniale qui a mené au génocide des populations
autochtones des Amériques, un génocide qui perdure jusqu'à ce jour,
alors que la disparition de plus de cinq cent femmes autochtones au
Canada continue d'être traité avec mépris et indifférence, réduit á un
simple fait divers.
Nous rejetons le modèle simpliste et réductionniste de conception des
« droits » des femmes véhiculé dans les médias de masse. Alors que
nous réclamons activement nos « droits » à la liberté, à la sécurité,
à la dignité tels qu'articulés dans le paradigme traditionnel des «
droits humains », nous réclamons tout autant nos « droits » à
l'expression de nos identités culturelles et religieuses.
Nous célébrons la diversité et le caractère dynamique de nos cultures
et de nos identités, notamment nos identités sexuelles – en tant que
femmes, et en tant que lesbiennes, bisexuelles, transexuelles ou toute
autre forme d'auto-identification - et refusons la caricature
simpliste et schématique réduisant nos multiples communautés à des
représentations uniques, homogènes et incontestées d'une tradition
monolithique.
À cet égard, nous réaffirmons le caractère dynamique des différentes
manifestations de croyances ou d'identités culturelles alors qu'elles
se recoupent avec un contexte politique et social extérieur plus
large.
En particulier, nous insistons que l'analyse de l'oppression des
femmes et de l'inégalité des sexes telle qu'exprimée dans les médias
de masses, c'est-à-dire comme phénomène strictement interne aux
religions ignore explicitement les systèmes extérieurs universels de
patriarcat et de sexisme auxquels toutes les femmes font face, tout en
homogénéisant et en fossilisant les religions de manière définitive.
Nous dénonçons le rôle de l'État et de ses structures dans la
marginalisation des femmes racialisées et migrantes, qu'elles soient
de foi ou non.
L'action de l'État et du système capitaliste contribuent à rendre le
statut des femmes migrantes plus précaire en multipliant les barrières
à l'obtention d'un statut légal, en cautionnant les différentes formes
de discrimination systémique et en décuplant la criminalisation des
femmes, accentuent leur vulnérabilité.
Nous dénonçons également la complicité du discours féministe
impéraliste qui, sous couvert de solidarité, impose des conceptions
eurocentristes et assimilationnistes d'égalité des sexes. Nous sommes
critiques du paradigme féministe dominant qui place les choix des
femmes occidentales comme l'unique et ultime chemin vers la libération
des femmes, malgré l'accablante réalité que les femmes en Occident
font face à un sexisme quotidien.
Nous sommes conscientes de la manière dont ce discours a été, et
continue d'être manipulé et instrumentalisé par la machine de
propagande pro-guerre et anti-immigrante.
Nous reconnaissons la continuité historique de l'appropriation et de
la manipulation du discours féministe par les mouvements colonialistes
et impérialistes à travers le monde.
Toutefois, nous ne sommes pas partisanes du relativisme culturel qui
tend à justifier des pratiques oppressives et injustes au nom de la «
différence » et restons vigilantes afin que la liberté de religions ne
nous empêche pas de lutter activement contre l'oppression.
Afin d'adopter une authentique position de solidarité, nous devons
écouter les femmes que nous prétendons soutenir dans leurs luttes et
comprendre que nous occupons différentes positions de privilège et de
pouvoir.
Pour ce faire, nous devons activement lutter contre la déshumanisation
des communautés racialisées et de foi et contre la victimisation des
femmes. Nous devons soutenir les femmes qui sont à l'avant plan de
leurs propres luttes de libération et les actrices de leur propre
transformation. Nous devons nous engager dans ce processus non pas
motivées par la pitié ou la charité, mais animées d'un véritable sens
de solidarité et de respect.
-- Personne N'est Illégal-Montréal
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--> Si vous êtes un groupe ou individu qui désirez signer cette
déclaration, contactez-nous! Si vous désirez vous joindre à des
actions visant à confronter et dénoncer le racisme et la xénophobie
tapissant ce débat, contactez-nous!
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noii-montreal at resist.ca
http://nooneisillegal-montreal.blogspot.com
514-848-7583
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[Members of No One Is Illegal-Montreal are responding to the
xenophobic "debate" in Quebec about "reasonable accomodation" with the
following statement. For basic background, consult:
http://nooneisillegal-montreal.blogspot.com/2007/02/bbc-racist-rules-in-herouxville-quebec.html
or http://nooneisillegal-montreal.blogspot.com/2007/01/les-qubecois-sont-ils-racistes.html
If you wish to support this statement as a group or individual, please
get in touch. If you want to help plan actions against the racism
underlying this debate, please get in touch as well!
noii-montreal at resist.ca or 514-848-7583.]
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No One Is Illegal-Montreal statement on the racist Quebec debate about
"reasonable accommodation"
February 5, 2007
[ Translated from the original French:
http://nooneisillegal-montreal.blogspot.com/2007/02/dclaration-en-rponse-au-dbat-sur-les.html
]
As racialized and migrant women, we are outraged by the slanderous,
xenophobic and racist propaganda that is being expressed in the debate
about "reasonable accommodation".
We assert our ability, as subjects not objects, to exercise our own
capacity to self-determine our lives; we reject the repeatedly
paternalistic, and fundamentally misogynist, discourse about the State
that will supposedly save us from our own cultures.
We assert that such a discourse is both racist and sexist. It is
racist, because it perpetuates the idea that our cultures are
fundamentally backwards and cruel, in contrast with white Western
culture, which is seen as the ultimate achievement of civilization. It
is sexist because it derives from ideas that render women childlike,
or viewed as simple victims incapable of struggling for their own
wellbeing.
This idea of "civilization" is intrinsically linked to the colonial
mentality that led to the genocide of the indigenous peoples of the
Americas. It is a genocide that persists when, by way of example, the
disappearance of more than five-hundred indigenous women in Canada
continues to be treated with contempt and indifference.
We reject the mass media's simplistic and reductive conception of
women's "rights". While we actively assert our "right" to freedom,
safety and dignity as articulated in the traditional paradigm of
"human rights", we also assert our "right" to the expression of our
cultural and religious identities.
We celebrate the diversity and dynamism of our cultures and our
identities – including our different sexual orientations as queer,
lesbian, trans, straight, or other forms of self-identification -- and
refuse the simplistic caricatures that reduce our multiple communities
to homogeneous and uncontested representations of a monolithic
tradition.
In this respect, we reassert the dynamic nature of the various
manifestations of our beliefs or cultural identities, which express
themselves within a larger social and political context.
In particular, we observe that the analysis of the oppression of women
and gender inequality, as expressed in the mass media, as strictly a
phenomenon internal to religions, explicitly ignores the external,
universal systems of patriarchy and sexism which all women face, while
also definitively homogenizing religion.
We denounce the role of the State and its structures in the
marginalization of racialized and migrant women, whether they are
religious or not.
The actions of the State and the capitalism contribute to making the
status of migrant women more precarious by increasing the barriers to
obtaining legal status through various forms of systemic
discrimination, and increasing the vulnerability of women by their
criminalization.
We also denounce the complicity of the imperialist feminist discourse
which, under the cover of supposed solidarity, imposes Eurocentric and
assimilationist ideas gender equality. We are critical of the dominant
feminist paradigm that privileges the choices of Western women as the
sole path towards liberation, despite the overpowering reality of
daily sexism that Western women face.
We are conscious of the way in which this discourse continues to be
manipulated and used by pro-war, anti-immigrant proponents. We
recognize the historical continuity of the appropriation and
manipulation of feminist discourse by colonial and imperialist
movements throughout the world.
However, we are not supporters of cultural relativism that tends to
justify oppressive and unjust practices in the name of the
"difference". We remain vigilant so that the freedom of religion does
not prevent us from fighting actively against oppression.
To show true solidarity, we must listen to the women that we claim to
support in their struggle, and we must understand that we occupy
different positions of privilege and power.
To do this, we must actively fight against the dehumanization of
racialized and faith communities, and against the victimization of
women. We must support the women who are on the frontlines of their
own struggles for liberation, and subjects, not objects, of their own
transformation. We must engage in this process not motivated by pity
or charity, but by a true sense of solidarity and respect.
-- No One Is Illegal-Montreal.
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--> If you wish to support this statement as a group or individual,
please get in touch. If you want to help plan actions against the
racism underlying this debate, please get in touch as well!
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