[IPSM] NSN editorial

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Sat Sep 17 12:09:56 PDT 2005


Hey everyone,

here's a translated version of the NSN editorial. Once again, feel free to
edit...

in peace,
nazila

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9/11/2001: Une rétrospective

"Le monde ne sera plus jamais le même". Tel était le refrain souvent chanté
après que deux avions se soient malicieusement écrasés sur les tours jumelles du
World Trade
Centre à New York le 11 Septembre 2001. L'intention première de cette
affirmation suggérait
que le monde avait drastiquement changé, que dorénavant plus rien n'était sacré,
parce que les États-unis
avaient été attaqués sur leur propre sol. "Le monde ne sera plus jamais le
même", disait-on. La double norme implicite
dans une telle affirmation, le flagrant dédain pour la terrible réalité que doit
affronter la majorité de la population
mondiale - principalement comme conséquence directe des intérêtes corporatifs
transnationaux agissant en harmonie avec
la soif insatiable des États Unis pour la domination du monde - semblaient
clairement absents dans l'esprit de ceux qui
tenaient un tel discours.

Toutefois, le refrain s'est avéré juste, quoique dans un sens différent que
celui qui lui a été initialement attribué.
Le monde n'est effectivement plus le même. Les évènements du 11 Septembre 2001
se sont avérés être un point tournant
vers une ère qui a vu - sous le couvert de la rhétorique de la "Guerre au
Terrorisme" - en seulement quelques années
des reculs monumentaux sur d'importants gains remportés par des mouvements
mondiaux pour la justice sociale au cours de
plusieurs décennies.  Le complexe militaro-industriel a rallumé ses moteurs à
une vitesse fébrile, syphonnat les fonds de caisse
des programmes sociaux et du secteur de la santé; de plus en plus de pesonnes se
retrouvent emprisonnées ou détenues à l'intérieur
des murs du complexe carcéral-industriel, les attaques contre les libertés
individuelles fusent de tous côtés, avec les forces
policières et les services secrets de plus en plus soutenus par les pouvoirs
législatifs, la guerre tacite contre les femmes
et les enfants escalade vers une ampleur inégalée, le fossé séparant les riches
des pauvres se creuse chaque jour, et plus encore.
Il est important de réaliser, toutefois, que de tels projets élitistes ne sont
pas le pur produit des évènements du
11 Septembre pris en isolation. En réalité, l'exécution de tels projets a
simplement été accélerée par le biais de
l'efficace manipulation de la haine et de la peur par les officiels américains
et leurs soutiens corporatifs, qui ont
très cyniquemnt utilisé la perte tragique et déplorable de plus de 3000 vies
pour
pousser leus plans impérialistes et capitalistes vers une Nouveau Siècle
Américain.
Leur dédain et manque de considération pour la vie humaine est illustré par leur
usage opportuniste des attaques du 11 Septembre
pour semer le trouble dans le monde.

EN effet, des politiques régressives, à l'intérieur des frontières des
États-Unis et du Canada, attendaient simplement une opportunité
pour se matérialiser librement. Les attaques du 11 Septembre ont offert à la
Droite politique exactement cette opportunité.
Que ce soit directement à travers la prétendue "Guerre au terrorisme", ou par le
biais de politiques draconiennes implémentées
comme une arme supplémentaire à la "Guerre a terrorisme", l'état corporatif a
renforcé son -déjà- immense arsenal pour l'utiliser
contre les peuples autochtones, les pauvres exploités par l'économie
capitaliste, les immigrants et réfugiés, les personnes
de couleur - qui tous possèdent des griefs légitimes contre la structure de
pouvoir actuelle qui dicte la réalité globale.
De plusieurs façons, les militants à l'intérieur des communautés et les
activistes oeuvrant pour la justice sociale
ont également payé le prix pour leur mobilisation en vue d'un monde meilleur et
leurs critiques ouvertes du pouvoir en place.

Lorsque les gens ont demandé, - ostensiblement le plus sérieusement, mais à
cause d'une ignorance insultante -
"Pourquoi 'nous' haissent-'ils'?", il était clair que la guerre centenaire
contre les populations appauvries, contre les
les personnes de couleur, contre les femmes - menée principalement par des
hommes blancs et riches - est absente de
notre conscience collective. "Nous" était pour une quelque raison sensé
signifier citoyens américains, ou
à l'extrême, "le monde civilisé".

N'oublions pas que c'est le "monde civilisé", à travers ses politiques
impérialistes et mené de front par les États-Unis
qui a supervisé le quasi-esclavage des peuples du Tiers-Monde par le biais d'un
terrorisme économique autant que militaire.
C'est le "monde civilisé" qui a imposé ses inqualifiables "Programmes
d'ajustements structuels" aux pays du Sud Global,
les emprisonnant dans un état de pauvreté et de misère perpétuelle, c'est le
"monde civilisé" qui a largué les bombes sur
Nagasaki et Hiroshima. C'est le "monde civilisé" qui a utilisé le gaz Napalm et
l'agent orange au Vietnam, le "monde civilisé" qui
a instrumentalisé et financé des dictateurs et des régimes paramilitaires en
Amérique Latine et dans tous les coins de
la planète, c'est le "monde civilisé" qui a envahi et occupé l'Afghanistan et
l'Irak. N'oublions pas que c'est le
"monde civilisé" qui a acquis ses richesse et son pouvoir par le biais d'un
génocide contre les Nations autochtones
de cette terre et par l'entremise d'un marché transatlantique d'esclavage du
peuple Africain, mais qui sourcille à l'idée
de réparation auprès des descendants de ce peuple. En effet, articulé de cette
façon, le terme "civilisation" devient
simplement un concept utilisé pour justifier le meurtre et l'oppression. Est-ce
là "notre" civilisation" ?

"Nous" avons besoin de créer une nouvelle compréhension du "nous". A cause
de l'usage sophistiqué de tactiques inspirées du "diviser pour mieux régner" par
les élites contrôlant l'ordre mondial actuel, nous oublions qui "ils" sont et
qui "nous" sommes.
Nous sommes aveuglés par des oeillères qui nous laissent penser que "nos"
intérêts sont les mêmes que ceux de la classe dominante qui nous colonise, nous
exploite et nous opprime.
En ces temps complexes et difficiles, nous, en tant que personnes soucieuses de
la vie humaine et de l'avenir de nos enfants, devons concrètement nous
identifier avec et nous lever aux côtés
de ceux qui ont à faire face aux plus insurmontables barrières les empêchant de
mener des existences dignes.

Ensemble, en luttant contre les forces du néolibéralisme capitalisme et de
l'impérialisme (dont le racisme et le patriarcat)
articulons une nouvelle formulation du "nous", puisée dans des principes de
respect, de compréhension, d'autonomie
et d'autodétermination.

-Samir Shaheen-Hussain
    du collectif IPSM



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