[IPSM] James Gabriel demande plus de policiers de la SQ
shelly
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Tue Feb 22 06:36:06 PST 2005
Le Devoir
LES ACTUALITÉS, samedi 19 février 2005, p. a4
Sécurité publique
James Gabriel demande plus de policiers de la SQ
La rétrogradation de Jacques Chagnon n'émeut pas le grand chef du conseil de bande de Kanesatake
Myles, Brian
Avec ses commentaires sur la violence intrinsèque des Mohawks de Kanesatake, son entêtement à ne pas reconnaître la crise politique qui y perdure, sa profession de foi en faveur d'une prison privée en Montérégie, son aveu d'impuissance candide à réformer les libérations conditionnelles et ses nominations partisanes à la Commission québécoise des libérations conditionnelles (CQLC), Jacques Chagnon a laissé une trace indélébile lors de son passage à la Sécurité publique.
Le grand chef du conseil de bande de Kanesatake, James Gabriel, a accueilli avec joie et soulagement le départ de M. Chagnon, rétrogradé hier au rang de simple député à la faveur du remaniement ministériel. Entre Jacques Chagnon et James Gabriel, les ponts étaient rompus depuis longtemps. Si longtemps que le chef mohawk ne se souvient même plus de la dernière fois où il a parlé à M. Chagnon.
Le 12 janvier 2004, des Mohawks ont incendié la maison de James Gabriel, le contraignant à un exil d'une dizaine de mois, un événement déclencheur d'une crise de leadership qui n'est toujours pas résolue. Des dizaines de Mohawks ont pris d'assaut le poste de police, forçant des agents autochtones à quitter le territoire dans la disgrâce. À titre de ministre de la Sécurité publique, Jacques Chagnon a choisi à l'époque de conclure une entente avec une faction dissidente du conseil de bande et les membres de la commission de police de Kanesatake, hostiles à James Gabriel. Il se réjouissait d'avoir évité un bain de sang. James Gabriel ne lui a jamais pardonné cette incapacité à reconnaître l'existence d'une crise politique plus profonde. D'abord prévues en juillet 2004, les élections au conseil de bande ont fait l'objet de multiples reports et auront lieu en avril prochain, si tout va comme prévu.
James Gabriel a profité de la nomination de Jacques Dupuis à la Sécurité publique pour demander le déploiement des patrouilleurs de la Sûreté du Québec (SQ) dans les plus brefs délais sur le territoire de Kanesatake afin d'instaurer un climat de sécurité favorable à la tenue d'élections. «M. Dupuis doit reconnaître qu'il y a un problème de sécurité. Il y a présentement des patrouilles limitées de la SQ, mais ce n'est pas suffisant. Il doit y avoir une meilleure collaboration entre les policiers mohawks et la SQ», a-t-il dit.
En fait, Jacques Chagnon faisait l'unanimité dans cette communauté divisée, surtout lorsqu'il avait laissé entendre que les Mohawks de Kanesatake (et les autochtones en général) étaient plus violents que le reste de la population. «Il passe une corneille, t'es pas content, tu sors ton .12, tu tires la corneille. On ne voit pas ça ailleurs», avait-il déclaré à propos de Kanesatake. Les dissidents au conseil avaient exigé sa démission, au même titre que l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.
Tout comme James Gabriel, Johanne Vallée espère que le départ de M. Chagnon ouvre de nouvelles avenues en matière de sécurité publique, mais pas pour les mêmes raisons. «C'était devenu difficile de travailler avec M. Chagnon», a dit Mme Vallée, directrice générale de l'Association des services de réhabilitation sociale du Québec (ASRSQ).
Depuis quelques semaines, il n'était plus possible de discuter avec M. Chagnon au sujet de la pertinence de construire une nouvelle prison en Montérégie. «Son idée était faite, il était persuadé de la nécessité de la construire. C'était devenu une évidence pour lui alors que, pour nous, ça ne l'est pas», a dit Mme Vallée.
Dans ses dernières interventions publiques à titre de ministre, M. Chagnon assujettissait même toute réforme des libérations conditionnelles, pour mieux encadrer les détenus, à la construction d'un nouveau centre de détention en Montérégie. «Nous étions ébranlés, c'était la première fois que nous entendions une déclaration de cette nature-là, a affirmé Mme Vallée. Soit qu'il remettait en question le concept même de la réhabilitation sociale, soit qu'il n'était pas bien informé.»
Mme Vallée considère la nomination de Jacques Dupuis comme «un bon signal» puisque celui-ci connaît les rouages des appareils policier et judiciaire. M. Dupuis a poursuivi une carrière de procureur de la Couronne avant de se lancer en politique, et il a été le critique libéral en matière de justice et de sécurité publique. Elle espère qu'il sera en mesure de réformer les libérations conditionnelles, au coût de 40 millions de dollars, en conformité avec la loi votée à l'unanimité à l'Assemblée nationale.
Le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Michel Hubert, nourrit aussi des attentes élevées à l'endroit de Jacques Dupuis. Pour M. Hubert, les raisons justifiant la construction d'une nouvelle prison en Montérégie demeurent toujours «un mystère» qu'il espère élucider sou peu avec le nouveau ministre.
Doc. : news·20050219·LE·75247
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