[IPSM] 11 novembre , jour du «souvenir», petit rappel aux employe.e.s de SNC-Lavalin]

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Thu Nov 11 17:58:42 PST 2004



11 NOVEMBRE, JOUR DU SOUVENIR, PETIT RAPPEL AUX EMPLOYÉ.E.S DE SNC-LAVALIN.

Les employé.e.s de la compagnie montréalaise SNC-Lavalin ont eu toute une
surprise en découvrant aujourd'hui sur les murs des salles de bain du
siège social de l'entreprise une dizaine de photographies explicites
montrant des scènes de torture, de mort et de brutalité extrême survenues
en Irak occupée depuis l'invasion du pays au printemps 2003. Sur les
photographies, quelques mots: «Ton job? Ma vie!». Puis, la phrase
suivante: «les munitions SNC tuent des enfants irakiens.» Et des photos de
la prison Abou Ghraïb avec la mention suivante: « n'oublions jamais.»

C'est qu'en mai 2004, SNC-Lavalin a obtenu par le biais de sa filiale SNC
Technologies un contrat de l'armée étasunienne pour lui fournir des
munitions de petit calibre. En collaboration avec un consortium
d'entreprises militaires mené par General Dynamics, ce contrat est orienté
spécifiquement vers les besoins des forces d'occupation en Irak. On estime
qu'elles necessiteront entre 300 et 500 millions de plus de balles par
année, et ce pour au moins cinq ans. Les États-Unis utilisent un nombre si
élevé de munitions en Irak que le fournisseur de local de l'armée ne peut
plus fournir à cette tâche meurtrière.

Mais SNC Technologies peut aider. La filiale de SNC-Lavalin, basée à Le
Gardeur, est le plus grand fournisseur de munitions à l'armée canadienne.
Elle affirme être un « manufacturier de première classe de munitions et de
services de défense reliés qui répondent aux besoins des forces armées. »
Ses revenus de $266 millions CDN en 2003, son expertise dans le domaine
des munitions d'entraînement et des balles « non-toxiques pour
l'environnement » (sic) et la popularité de ses produits auprès des
services de polices, militaires et forces d'occupation non seulement en
Irak, mais aussi en Afghanistan, au Canada et ailleurs seront sans doute
d'un grand secours dans le maintien brutal de l'occupation et la mainmise
violente sur la vie des Irakiens et Irakienne. L'enteprise peut être fière
d'avoir participé à la mort de plus de 100 000 Irakiens et Irakiennes
depuis l'invasion en 2003.


Les actes ou même l'existence de SNC Technologies ne sont peut-être pas
connues des employé.e.s du 455 René-Lévesque Ouest où se trouve le siège
social de SNC-Lavalin. Mais la division « civile » de cette firme de génie
célébrée par l'élite du monde des affaires québécois a aussi fait plus que
sa part pour créer les conditions favorables à la vente rapide et
ininterrompue des munitions de SNC Technologies. SNC-Lavalin (sous une
variété de noms comme Defence Programs Inc. ou  SNC-ProFac) appuie
plusieurs projets militaires canadiens, la construction de la base « Camp
Julien » en Afghanistan par exemple. SNC promeut de manière incessante des
programmes de privatisation ici au Québec et partout dans le monde. Son
Président et Directeur Général, Jacques Lamarre, siège notamment sur le
Conseil du Patronat du Québec (CPQ) ainsi que sur le Conseil canadien des
chefs d'entreprise (CCCE), deux organismes qui appuient de manière
aggressive des changements aux politiques des gouvernements québécois et
canadien qui rendront encore plus facile la libre circulation des (de
leurs) profits, la répression des immigrant.e.s de par la militarisation
accrue des frontières et l'harmonisation économique et militaire du Canada
et des États-Unis. Et quand le gouvernement de Paul Martin a annoncé en
janvier dernier que les compagnies canadiennes pourraient dorénavant
soumissionner pour l'obtention de contrats dans le cadre de la «
reconstruction » de l'Irak, une porte-parole de SNC, Gillian MacCormack, a
déclaré ceci: « Nous croyons que le fait que des compagnies canadiennes
aient maintenant cette possibilité est une réussite merveilleuse [et] nous
sommes certainement intéressés. »  Chez SNC-Lavalin, le « bon état du
monde », c'est certainement cette guerre au « terrorisme » qui permet
l'augmentation de la vente de munitions à des fins colonialistes tout en
planifiant la réingéniérie brutale de tous les aspects de l'environnement,
de la santé et des infrastructures vitales des populations marginalisées.

L'occupation de l'Irak, de l'Afghanistan, ne commence pas et ne finit pas
chez SNC. Mais SNC illustre bien l'implication du Canada dans ces
occupations et dans la soi-disant «guerre au terrorisme»: hypocrite,
cachée, mais très réelle.

Les murs de SNC ont été tapissés de ces photos dans le but de rendre
visible la réalité de SNC-Lavalin, pour démasquer leur hypocrisie. Les
employé.e.s de l'entreprise n'auront alors d'autre choix que celui de
confronter leurs certitudes. Ils peuvent toujours détourner les yeux
devant les manifestations souvent organisées au consulat des États-Unis
qui se trouve dans l'édifice de SNC. Mais  cette action, qui frappe
beaucoup plus près, les place dans une position qui force une réaction.
Une réaction qui sera peut-être de courte durée, mais qui montre bien la
nécéssité de continuer à agir efficacement contre les institutions qui
créent et qui profitent des occupations – de 1492 à 2004 – en Irak, en
Afghanistan et ici-même au Canada.

Quant aux employé.e.s de SNC-Lavalin, nous demandons qu'ils se débarassent
au plus vite des actions de la compagnie.






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