[Bloquez l'empire!] ! Douze raisons de descendre dans les rues de Montreal-Nord samedi prochain
JBS
jbswire at gmail.com
Fri Oct 10 03:23:27 PDT 2008
[Veuillez publier et distribuer largement; encouragez TOUT LE MONDE à venir
au Parc Pilon (coin Henri Bourassa & Pie IX) à Montréal-Nord, ce samedi (11
octobre) à 14 h! Plus de renseignements à
http://montrealnordrepublik.blogspot.com ]
[English version at:
http://nooneisillegal-montreal.blogspot.com/2008/10/12-reasons.html ]
[La version française avec des hyperliens :
http://nooneisillegal-montreal.blogspot.com/2008/10/12-raisons.html ]
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Ce samedi à 14 h, une foule diversifiée, représentant plusieurs segments de
la population et des groupes populaires de Montréal, se rassemblera au Parc
Pilon de Montréal-Nord pour dénoncer la brutalité policière, et ce, dans le
cadre d'une manifestation à caractère familial.
Cette manifestation revêt une très grande importance pour tous ceux et
toutes celles qui luttent au quotidien CONTRE la pauvreté, le racisme et la
brutalité policière, et POUR l'autonomie, l'organisation populaire, la
justice et la dignité. Cette mobilisation survient seulement deux mois après
le meurtre de Fredy Villanueva à Montréal-Nord, un an après la mort par
taser de Quilem Registre à Saint-Michel, et un peu moins de trois ans après
la mort (toujours inexpliquée) d'Anas Bennis à Côte-des-Neiges. Elle
survient par ailleurs dans un contexte où 43 personnes ont été tuées, par
balle, électrocution ou bastonnade, par la police de Montréal au cours des
21 dernières années.
Les groupes et individus qui organisent la manifestation de samedi portent
trois revendications principales: 1) une enquête publique et indépendante
sur la mort de Fredy Villanueva; 2) la fin du profilage racial, des abus et
de l'impunité policière; et 3) la reconnaissance du principe selon lequel
tant qu'il y aura des inégalités économiques, il y aura de l'insécurité
sociale.
Voici douze raisons de plus de descendre dans la rue ce samedi pour
manifester. Veuillez publier ce texte et le distribuer largement, et faites
tout ce que vous pouvez, AUJOURD'HUI (vendredi), pour encourager le plus
grand nombre possible de vos parents, amiEs et connaissances à participer à
la manifestation de samedi à Montréal-Nord.
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Douze raisons de descendre dans les rues de Montréal-Nord samedi prochain
par jbswire at gmail.com
1) Briser la peur et l'isolement; 2) Confronter la politique de « diviser
pour mieux régner » – 1è partie; 3) Dénoncer et contester les enquêtes
policières… sur la police!; 4) Dénoncer les tentatives de la police
d'entraver la transparence publique; 5) Dénonçons la diffamation des
victimes par la police et les médias; 6) "Les 43 raisons"; 7) Les émeutes de
Montréal-Nord étaient justifiées; 8) Accommode donc ça!; 9) Confronter la
politique de « diviser pour mieux régner » – 2è partie; 10) Dénoncer les «
gardiens communautaires » vendus; 11) Soutenons les efforts d'organisation
de la base; 12) Pour un pouvoir populaire
[La version française avec des hyperliens :
http://nooneisillegal-montreal.blogspot.com/2008/10/12-raisons.html ]
Première raison : Briser la peur et l'isolement
Il n'est ni simple ni facile de confronter la brutalité et l'impunité
policières. En tant que bras armé de l'État, la police dispose d'un énorme
pouvoir. Chacun de leur côté, les individus vivent quotidiennement les abus
policiers, la brutalité et le profilage racial, mais ont souvent peur de
s'exprimer contre les abus de pouvoir. Quand nous choisissons de le faire,
nous ne disposons pas des ressources nécessaires pour affronter efficacement
la police et le gouvernement, et nous nous retrouvons marginalisés autant
par les groupes dominants que par les « faux jetons » communautaires payés
par le gouvernement. La manifestation de samedi est une occasion
exceptionnelle de nous rassembler, de défaire collectivement les barrières
invisibles entre nous, de briser la peur et l'isolement qui nous étouffent
trop souvent, et de nous tenir debout ensemble pour porter des
revendications justes et légitimes.
Deuxième raison : Confronter la politique de « diviser pour mieux régner » –
1è partie
Jeudi dernier (le 9 octobre), le Journal de Montréal titrait en manchette «
Les agitateurs s'en mêlent ». Cette sortie constitue une tentative à peine
voilée, de la part de la police et de leurs alliés au sein des médias
capitalistes, de créer une division entre les différents groupes qui se sont
unis pour dénoncer la brutalité policière. Le fait est que la police et les
représentants du gouvernement craignent l'émergence d'une véritable unité
entre les groupes luttant pour la justice sociale sur le terrain et les
divers mouvements populaires et communautaires qui se sont réunis pour
soutenir les revendications de la manifestation de samedi. Montrons aux
bobardiers jaunes du Journal de Montréal, et à leurs amis de la police, que
nous refusons d'être divisés.
Troisième raison : Dénoncer et contester les enquêtes policières… sur la
police!
Le maire Tremblay, ainsi qu'un assortiment de politiciens et de soi-disant
leaders, invite constamment la population à retenir son jugement sur
l'affaire Villanueva jusqu'à ce que les résultats de l'enquête soient rendus
publics. Mais les enquêtes portant sur des meurtres commis par des
policiers sont toujours menées par un autre corps policier. Nous sommes
censés faire confiance à la Sûreté de Québec (SQ) pour enquêter de façon
impartiale sur la police de Montréal. Il s'agit de la même SQ qui, à
plusieurs reprises, hier comme aujourd'hui, s'est avérée corrompue et
déloyale : de l'Affaire Matticks, où les policiers furent impliqués dans des
activités illégales, aux récentes manifestations à Montebello, où la SQ
avait infiltré des agents provocateurs pour ensuite mentir publiquement sur
la nature de leur opération. C'est la même SQ qui, il y a quelques jours à
peine, n'a pas hésité à employer des gaz lacrymogènes et du poivre de
Cayenne pour violemment réprimer une manifestation légitime de quelques
dizaines d'Algonquins (y compris des enfants!) à Lac Barrière, dans le Parc
de la Vérendrye. Il existe entre les policiers un esprit de « fraternité »,
similaire à l'omerta qui règne dans la mafia, qui les empêche de traiter et
punir justement les méfaits commis par leurs confrères et les incite à se
protéger les uns les autres.
Quatrième raison : Dénoncer les tentatives de la police d'entraver la
transparence publique
Lorsque des enquêtes un tant soit peu indépendantes sont menées pour faire
la lumière sur des meurtres policiers, les flics font tout ce qu'ils peuvent
pour les saboter. Près de trois ans après le meurtre de Mohamed Anas Bennis,
et après une longue campagne de pression menée par la famille Bennis, une
enquête de coroner a finalement été commandée pour éclaircir les
circonstances entourant la mort du jeune homme. Cependant, la Fraternité des
policiers et policières de Montréal a décidé de poursuivre en justice le
coroner et la famille Bennis pour empêcher que l'enquête n'ait lieu. Les
policiers, avec leurs avocats grassement payés, ont toujours
systématiquement cherché à saboter tous les efforts, même les plus modestes,
visant à combattre l'impunité et à les rendre responsables de leurs méfaits.
Cinquième raison : Dénonçons la diffamation des victimes par la police et
les médias
Récemment, l'avocat de Giovanni Stante, un agent de la police de Montréal
impliqué dans le meurtre de Jean-Pierre Lizotte en 1999, a fait paraître une
lettre dans la Presse et la Gazette, dans laquelle il écrivait que Lizotte
n'a pas été victime de brutalité policière. L'essentiel de la lettre visait
manifestement à salir la réputation de ce dernier. Lizotte n'est plus là
pour se défendre, mais cela n'empêche pas les avocats des flics (et les
médias) de diffamer des personnes qui ont été tuées par la police. Des
qu'en-dira-t-on et des rumeurs ont aussi été utilisés contre d'autres
victimes de brutalité policière. La manifestation de samedi est l'occasion
de montrer notre solidarité avec ceux qui ont été abattus, puis diffamés par
la police.
Sixième raison : "Les 43 raisons"
Anthony Griffin, Jose Carlos Garcia, Yvon Lafrance, Leslie Presley, Paul
McKinnon, Jorge Chavarria-Reyes, Fabien Quienty, Yvan Dugas, Marcellus
François, Armand Fernandez, Osmond Fletcher, Trevor Kelly, Yvon Asselin,
Richard Barnabé, Paolo Romanelli, Martin Suazo, Philippe Ferraro, Nelson
Perreault, Daniel Bélair, Michel Mathurin, Richard Whaley, Yvan Fond-Rouge,
Jean-Pierre Lizotte, Luc Aubert, Sébastien McNicoll, Michael Kibbe, Michel
Morin, Michel Berniquez, Rohan Wilson, Benoît Richer, Mohamed Anas Bennis,
Quilem Registre, Fredy Villaneuva ... et dix autres personnes dont le nom
demeure inconnu. Ensemble, ce sont les 43 personnes tuées par la police de
Montréal au cours des 21 dernières années. La marche de samedi est dédiée à
toutes les victimes et survivantEs de la brutalité policière.
Septième raison : Les émeutes de Montréal-Nord étaient justifiées
La manifestation de samedi sera à caractère familial. Elle permettra à toute
sorte de personnes, issues de plusieurs segments de la communauté, de se
rassembler pour dénoncer la brutalité policière. Mais cela ne signifie pas
que nous devrions éviter de répéter que le soulèvement de la communauté qui
a eu lieu suite au meurtre de Fredy Villanueva, en août dernier, était
parfaitement justifié. Les politiciens et les médias ont vraiment travaillé
fort pour essayer de marquer une division entre les « bons manifestants »
(les « gardiens communautaires » qui restent dociles et inoffensifs) et les
« mauvais manifestants » (celles et ceux qui passent à l'action directe). La
manifestation de samedi est une façon de démontrer clairement notre
solidarité avec tous les résidents de Montréal-Nord, y compris les émeutes
qui furent une expression justifiée de notre colère et de notre rage
collective contre la brutalité policière.
Huitième raison : Accommode donc ça!
Pendant les « débats » xénophobes sur les prétendus accommodements
raisonnables au Québec, on a plus ou moins demandé aux immigrants de
justifier leur présence au Québec. Un policier de Montréal à même eu
l'audace d'enregistrer une chanson (qu'on a pu entendre sur YouTube)
invitant les personnes issues de groupes minoritaires à « crisser leur camp
» et à « retourner chez eux ». Le soi-disant débat sur les accommodements
raisonnables n'a servi qu'à obscurcir les vrais enjeux et à défaire l'unité
et la solidarité que nous partageons, en tant que travailleurs et
travailleuses, pauvres, immigrants et immigrantes, personnes queer et trans
et autres groupes minoritaires, dans la lutte pour une véritable justice
sociale. Ce faux débat nous a écarté de la lutte unifiée contre la pauvreté,
la précarité, le racisme et le profilage racial. La manifestation de samedi
est aussi l'occasion de dire aux éléments racistes et xénophobes de la
société québécoise, parfaitement représentés par les flics : Accommodez donc
ça! (c.-à-d., allez donc vous faire foutre!)
Neuvième raison: Confronter la politique de « diviser pour mieux régner » –
2è partie
Dans leurs tactiques sales visant à diviser pour régner, les flics ont
visité plusieurs organismes communautaires pour leur demander s'ils sont
impliqués dans l'organisation de la manifestation. Plusieurs organismes de
la communauté se sont clairement positionnés contre les abus policiers, et
la réponse du SPVM a été de recourir à l'intimidation et de répandre des
ragots pour diaboliser certains manifestants prétendument radicaux. Nous
devons dénoncer de telles tactiques policières visant à marginaliser les
groupes et individus qui, par principe, s'opposent à l'impunité policière.
Dixième raison : Dénoncer les « gardiens communautaires » vendus
Tous les paliers de gouvernement fournissent des sommes substantielles
d'argent à des organismes soi-disant communautaires pour qu'ils soient en
mesure d'offrir certains services de base. L'un des principaux « services »
de ces organismes est d'agir à titre de « gardiens » de la communauté pour
empêcher ou saboter toute forme d'organisation de la base en faveur de la
justice. Les soi-disant « tables de concertation » présentes dans plusieurs
quartiers de la ville (financées par la Ville de Montréal), ou les
coalitions bidon comme « Solidarité Montréal-Nord » (également mise sur pied
par la Ville) n'existent en fait que pour noyer le poisson et atténuer le
sens des revendications très claires énoncées par les membres de la
communauté pour refléter leurs réalités. Ces « gardiens » dociles se
refusent à dénoncer clairement le racisme, le profilage racial et la
brutalité policière. Ils ont pris un rôle d'avant plan, après la mort de
Fredy Villanueva, en dénonçant la « violence » sans jamais, pourtant,
dénoncer clairement la violence policière. Ces groupes n'ont aucun problème
à s'afficher avec des politiciens comme Marcel Parent, Gérard Tremblay ou
Denis Coderre. Ces groupes sont en fait des terreaux fertiles pour les
futurs politiciens, tous partis confondus, qui vont poursuivre leur carrière
en ce sens et continuer à nous fourrer d'une façon ou d'une autre. La
manifestation de samedi est hors de la portée des dociles « gardiens
communautaires », et c'est précisément ce qui dérange tellement les flics et
les politiciens! Énervons-les encore plus en nous mobilisant en grands
nombres!
Onzième raison : Soutenons les efforts d'organisation de la base
Contrairement aux organismes communautaires bidon (financés par le
gouvernement) et leurs petits amis politiciens, plusieurs individus et
collectifs sont engagés dans divers efforts d'organisation communautaire
autonomes, fondés sur les revendications qui ressortent des réalités vécues
dans les communautés pauvres et marginalisées. Ce type d'organisation est
loin d'être facile. Nous avons peu de ressources et, à travers nos efforts
quotidiens pour survivre, il est parfois difficile de trouver le temps
nécessaire à la mobilisation. Pourtant, plusieurs réseaux de base,
particulièrement Montréal-Nord Républik et Mères et Grand-mères pour la vie
et la justice, ont courageusement pris la parole pour dénoncer clairement et
ouvertement l'impunité policière.
Douzième raison : Pour un pouvoir populaire
Notre véritable pouvoir réside dans notre capacité à nous unir, à rompre la
peur et l'isolement, à nommer notre ennemi commun et à le confronter, unis
dans nos convictions pour la justice sociale et la dignité. La manifestation
de samedi est vraiment autonome, au-delà de la portée des faux jetons
communautaires et des politiciens. Cette manifestation répond directement
aux revendications que nous portons et sentons en nous au jour le jour.
Cette initiative est un modèle que nous devrions suivre pour continuer à
nous organiser ensemble, dans nos communautés et dans l'union de nos
diverses communautés. Ce n'est qu'un début ...
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RAPPEL :
Rassemblons-nous au Parc Pilon, au coin d' Henri-Bourassa et Pie-IX, avant
14 h, ce samedi 11 octobre; beau temps, mauvais temps. Soyez-y! Amenez vos
enfants et amiEs!
Pour se rendre au lieu de départ de la manifestation (parc Pilon), vous
pouvez:
-> vous rendre au métro Pie-IX et prendre l'autobus 139 nord jusqu'à la rue
d'Amos, qui est face au parc Pilon;
-> vous rendre au métro Henri-Bourassa et prendre l'autobus 69 est jusqu'à
la rue Gariépy, qui est l'arrêt tout juste avant le boul. Pie-IX, en face du
parc Pilon.
written and distributed by jbswire at gmail.com
traduction par patcad. merci sofia. a guru collaboration.
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