[Bloquez l'empire!] Greve de la faim : Mise a jour et appel a l'action
Hungerstrike Support Committee
abolissons at gmail.com
Thu Jan 25 13:29:16 PST 2007
MISE À JOUR CONCERNANT LES DÉTENUS EN VERTU DE « CERTIFICATS DE SÉCURITÉ » :
LES PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ SONT TRÈS INQUIETS PAR L'ÉTAT DE SANTÉ DES
DÉTENUS.
** Plus bas : a) la mise à jour, b) ce que vous pouvez faire, c) la lettre
des professionnels de la santé, d) le communiqué de presse d'aujourd'hui.
==> MISE À JOUR CONCERNANT LA GRÈVE DE LA FAIM DES DÉTENUS DES PROCÈS
SECRETS
Les détenus subissant un procès secret Mohammad Mahjoub, Mahmoud Jaballah et
Hassan Almrei sont toujours en grève de la faim. Jeudi le 25 janvier 2007,
Mohammad Mahjoub en était à son 62 jour, pendant que Mahmoud Jaballah et
Hassan Almrei en étaient à leur 51. Le gouvernement fédéral refuse de
négocier avec ces hommes. Pendant ce temps, ces hommes n'ont bu que du jus
d'orange et occasionnellement du bouillon. Ces hommes ne bénéficient d'aucun
suivi médical. L'absence de suivi et de soins peut mener à de sérieuses
conséquences.
En réponse à cette situation critique, un groupe de professionnels de la
santé ont écrit et diffusé une lettre (voir plus bas) au ministre Stockwell
Day afin de l'informer de leur préoccupation et du besoin urgent pour ces
trois hommes d'obtenir un suivi sur une base quotidienne.
Le 8 janvier 2007, les trois détenus ont diffusé une lettre ouverte qui
mentionnait, "Comme les captifs de la prison de Guantanamo à Cuba, nous
sommes détenus
indéfiniment. Cela constitue une forme de torture psychologique qui est
quasi inimaginable. Nous ne savons pas à quel moment, ni même, si un jour
nous en serons relâchés. Nous avons été très patients et avons fait de notre
mieux pour faire face à un processus contre lequel il est impossible de se
défendre. Nous resterons patients et espérons qu'au bout du compte nous
soyons libérés, car nous sommes des hommes innocents. Mais il y a cependant
une limite à ce que des êtres humains peuvent tolérer. Au-delà de celle-ci,
les voix se lèvent et les gens se tournent vers des actes de dénonciation
pacifique. Nous ne voulions pas être en grève de la faim. C'est une
expérience difficile pour nous et nos familles, mais c'est notre seule
voix."
*Pour lire la lettre des détenus, visitez :
http://homesnotbombs.ca/openletter.htm
http://homesnotbombs.ca/openletter.htm ou www.adilinfo.org (fr).
==>NOUS AVONS GRANDEMENT BESOIN DE VOTRE SOUTIEN POUR LES PRISONNIERS EN
GRÈVE DE LA FAIM!
* Appelez, envoyez des courriels ou des télécopies aux bureaux de Stockwell
Day de Diane Finley et de Stephen Harper pour exprimer votre soutien aux
requêtes de base de ces hommes (voir la lettre plus haut).
Stockwell Day, « ministre de la Sécurité publique »
Tél. : (613) 995-1702, Téléc. : (613) 995.1154, Courriel: day.s at parl.gc.ca
Diane Finley, ministre de l'Immigration,
Tél. (866) 496-3400, Courriel : dinley.d at parl.gc.ca, Téléc.:
Le premier ministre Stephen Harper
Tél.: (613) 992-4211; Téléc.: 613-941-6900, Courriel: pm at pm.gc.ca
* Envoyez une carte d'appui aux détenus (si vous en envoyez une,
faites-nous le savoir à tasc at web.ca pour que nous puissions vérifier que le
courrier se rend bien) : Mohammad Mahjoub, Mahmoud Jaballah et Hassan Almrei
Centre de surveillance de l'immigration de Kingston
a/s CSC RHQ Ontario Region
440 King Street West
PO Box 1174
Kingston, Ontario, K7L 4Y8
==> LETTRE DES PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ
23 janvier 2007
Stockwell Day
Ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile Canada
Claudette Deschênes
vice-présidente, Direction générale de l'exécution de la loi
Agence des services frontaliers du Canada
Objet: ÉTAT DE SANTÉ de Mohammad Mahjoub, Mahmoud Jaballah et Hassan Almrei
Cher monsieur Day, chère Mme. Deschênes,
En tant que professionnels de la santé, nous sommes très préoccupés par l'
état de santé de Mohammad Mahjoub, Mahmoud Jaballah et Hassan Almrei,
détenus au Centre de surveillance de l'immigration de Kingston (CSIK) et
actuellement en grève de la faim (liquides seulement).
En date d'aujourd'hui (23 janvier 2007), Mohammad Mahjoub fait la grève de
la faim depuis 60 jours, tandis que Mahmoud Jaballah et Hassan Almrei font
la grève de la faim depuis 49 jours. Durant toute cette période, ils n'ont
consommé que du jus d'orange et, à l'occasion, du bouillon.
Nous sommes vivement préoccupés par le fait que le CSIK ne surveille ni les
signes vitaux, ni l'état général des grévistes de la faim. Cette absence de
suivi médical et de soins adéquats pourrait entraîner des conséquences très
graves. Lorsqu'un détenu fait un jeûne sévère, comme c'est le cas ici, il
est absolument essentiel que le personnel médical de l'institution carcérale
surveille quotidiennement ses signes vitaux (notamment la pression
artérielle et le rythme cardiaque et respiratoire) ainsi que le niveau d'
électrolytes sanguins. Le fait de ne pas le faire contrevient manifestement
aux principes fondamentaux de l'éthique médicale.
Dans un éditorial dans le prestigieux British Medical Journal sur les
responsabilités des professionnels de la santé en cas de grève de la faim,
Dr. Michael Peel écrivait « Des études recommandent un suivi médical
indépendant dès que la perte de poids atteint 10% du poids normal chez un
individu mince en bonne santé. Si l'on ne connaît pas le poids de la
personne avant le début de la grève de la faim, la surveillance médicale
devrait commencer après un maximum de 10 jours de grève de la faim ou dès
que l'indice de masse corporelle chute à 16.5 k/m². » [notre traduction]
Dans le cas des trois hommes qui font actuellement la grève de la faim au
Centre de surveillance de l'immigration de Kingston, cela fait bien
longtemps que l'échéance de 10 jours est dépassée, alors il est clair qu'il
faut assurer un suivi médical de leur état de santé, et ce, de toute
urgence.
Après une grève de la faim d'une durée variant de 49 à 60 jours, les trois
hommes sont à risque d'hypertension ou d'hypotension graves, d'insuffisance
rénale, d'arythmie ou d'insuffisance cardiaque, ainsi que de plusieurs
autres problèmes potentiellement mortels.
Nous sommes particulièrement inquiets de l'état de santé de Mohammad
Mahjoub, qui n'a pas reçu de traitements pour son hépatite C depuis
septembre 2006 et qui en est aujourd'hui au Jour 60 de sa grève de la faim.
Les trois hommes souffraient déjà de divers problèmes de santé liés au fait
d'être détenus de façon indéfinie depuis des périodes variant de 5 ans à 6
ans et demi, souvent en isolement ou dans d'autres conditions difficiles,
sans qu'aucune accusation ne soit portée contre eux et sans procès
équitable, le tout jumelé à la menace continue de déportation vers des pays
où ils font face à la torture. D'ailleurs, la Cour fédérale a reconnu en
décembre 2006 qu'il y a un risque sérieux que Mohammad Mahjoub seraient
torturé s'il était renvoyé dans son pays d'origine, l'Égypte, tout comme
elle l'avait déjà fait dans le cas de Mahmoud Jaballah. De son côté, Hassan
Almrei est menacé de déportation en Syrie, où le citoyen canadien Maher Arar
a été affreusement torturé. De plus, M. Mahjoub et M. Jaballah sont
particulièrement vulnérables sur le plan de la santé parcequ'ils ont déjà
été torturés. Enfin, les trois hommes ont des problèmes de santé liés à d'
autres grèves de la faim, dont l'une en 2005 ayant duré 79 jours pour M.
Mahjoub et 73 jours pour M. Almrei. Ces antécédents augmentent le risque de
complications potentiellement mortelles pour les grévistes de la faim.
Pour tous ces motifs, nous croyons qu'il est urgent que les trois hommes
subissent immédiatement un examen médical complet par un médecin indépendant
et qu'ils soient dorénavant suivis quotidiennement par le personnel médical
du Centre de surveillance de l'immigration de Kingston.
Janet Cleveland, Ph.D., psychologist, Montréal
Marie Munoz, MD, Montréal
Nazila Bettache, MD, Montréal
Scott Weinstein, RN, Montréal
Olivier Sabella, MD, Montréal
Gerald van Gurp, MD, Montréal
Amir Khadir, MD, Montréal
Helen Hudson, Masters candidate, Nursing, Montréal
Marie-Jo Ouimet, MD, Montréal
Pierre Dongier, MD, Montréal
Faiza Majeed, MD, Toronto
Mandeep Dhillon, MD, Vancouver
Valerie Zink, primary care paramedic, Vancouver
Aida Sadr, MD, Vancouver
Jen Green, ND, Toronto
Thierry Bégin, MD, Montréal
Cathy Crowe, RN, Toronto
Sylvain Couture, MD, Montréal
Misty Malott, MSc(A) Nursing, Montréal
Faiz Ahmad Khan, MD, Montréal
Samir Shaheen-Hussain, MD, Montréal
McGill Nurses for Global Health (MNGH), Montréal
Annie Janvier, MD, Montréal
Ghassan B. Alami, MD, Montréal
Khurram Sher, MD, Montréal
Monika Dutt, MD, Toronto
Diana R. Ahmed, MD, Hamilton
Nicolas Bergeron, MD, Montréal
Bruno Pelletier, MD, Montréal
Laurence J. Kirmayer, MD, Director, Division of Social & Transcultural
Psychiatry, McGill University, Montréal
Marie-Michelle Bellon, MD, Montréal
Renée Joyal, MD, Cowansville
Isabelle Nicolas, MD Cowansville
Vicky Champagne, Infirmière, Cowansville
Stéphanie Lapointe, Infirmière, Cowansville
Marc-André Ryan, Infirmier, Cowansville
Jaswant Guzder, MD, Montréal
Joan Schwartzenberger, Registered Clinical Counsellor, Victoria
Joëlle Nédélec, MD, Montréal
Irene Sarasua, RN, Montréal
Sidney Maynard, MD, Montréal
Jessica Lyons, 3rd Year Collaborative Nursing, Ryerson University, Toronto
Makeda Semret, MD, Montréal
Martine Eloy, Infirmière, Montréal
Elaine Lafond, MD, Cowansville
Emilie Davoine, MD, Cowansville
Cécile Rousseau, MD, MSc. - Professor, Psychiatry Dept., McGill University,
Montréal
Anousheh Machouf, Psychologist, Montréal
Sylvie Laurion, Ph.D., Psychologist, Montréal
Réseau d'intervention pour les personnes ayant subi la violence organisée
(RIVO), Montréal
John Docherty, Coordinator of RIVO, Montréal
Canadian Centre for Victims of Torture, Toronto
Mulugeta Abai, Executive Director of the Canadian Centre for Victims of
Torture, Toronto
Kathy Hardill, RNEC, Nurse Practitioner, Toronto
Chantal Gravel, M.Ps., Psychologist, Montréal
Allison Campbell, registered midwife, Vancouver
Natya Raghavan, MD, Kingston
Will Offley, RN, Vancouver
Anna Cooper, RN, Vancouver
Navdeep Sidhu, MD, Sasketchewan
Megan Oleson, RN, Vancouver
Kyla Ives, Licensed Practical Nurse, Vancouver
Michèle Marois, Infirmière, Gatineau
M. Jane Pritchard, M.D., CCFP, FCFP
Kathryn Leccese, medical student, Montréal
Stephane Voyer, MD, Montréal
==> COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Les détenus sous « certificats de sécurité » toujours en grève de la faim;
des professionnels de la santé « vivement préoccupés » par le manque de
suivi médical
Le mardi 23 janvier 2007 - Plus de 65 professionnels de la santé provenant
des quatre coins du pays ont interpellé aujourd'hui le ministre de la
Sécurité publique Stockwell Day, afin qu'il agisse dans les plus brefs
délais pour résoudre la situation des trois hommes en grève de la faim, qui
sont détenus au Centre de surveillance de l'immigration de Kingston (CSIK),
aussi connu comme étant le « Guantanamo du Nord ». Cela fait maintenant 60
jours que Mohammad Mahjoub est en grève de la faim. Mahmoud Jaballah et
Hassan Almrei sont pour leur part en grève de la faim depuis 49 jours. Les
trois hommes, qui sont détenus depuis des années sans accusation en vertu de
preuves secrètes, contestent leurs conditions de détention.
Dans une lettre adressée à Stockwell Day, dont le ministère est responsable
de la gestion de la prison, ce groupe composé de médecins, de psychologues
et d'infirmières a écrit : « Nous sommes vivement préoccupés par le fait que
le CSIK ne surveille ni les signes vitaux, ni l'état général des grévistes
de la faim. Cette absence de suivi médical et de soins adéquats pourrait
entraîner des conséquences très graves. [.] Les trois hommes risquent d'être
atteints d'hypertension ou d'hypotension sévères, d'insuffisance rénale, d'
arythmie ou d'insuffisance cardiaque, ainsi que de plusieurs autres
problèmes potentiellement mortels. »
Une des signataires de cette lettre, Dr. Janet Cleveland, a ajouté : « Le
fait pour l'Agence des services frontaliers du Canada de ne pas surveiller
les signes vitaux de ces grévistes de la faim sur une base quotidienne est
un comportement téméraire qui met en danger la vie de ces trois hommes. En
vertu des principes élémentaires de l'éthique médicale, le personnel médical
du Centre de surveillance de l'immigration de Kingston est tenu de prendre
toutes les mesures nécessaires afin de protéger la vie des grévistes de la
faim, ce qui en l'occurrence signifie l'obligation de se rendre à leurs
cellules à tous les jours pour vérifier leurs signes vitaux et le niveau des
électrolytes sanguins. »
« Les établissements pénitentiaires ont certaines obligations à l'égard des
détenus, même ceux qui ont été trouvé coupables de crimes odieux, dont l'
obligation de leur fournir des soins de santé adéquats. Comment l'
administration de la prison peut-elle justifier le fait de ne pas donner des
soins médicaux à ces trois hommes, qui n'ont jamais été accusés d'un crime,
encore moins trouvés coupables? » dit le Professeur Daniel Weinstock,
Directeur du Centre de recherche en éthique de l'Université de Montréal, qui
a déjà agi comme consultant sur des enjeux éthiques pour Corrections Canada.
La lettre mentionne aussi que « les trois hommes souffraient déjà de divers
problèmes de santé liés au fait d'être détenus de façon indéfinie depuis des
périodes variant de 5 ans à 6 ans et demi, souvent en isolement ou dans d'
autres conditions difficiles, sans qu'aucune accusation ne soit portée
contre eux et sans procès équitable, le tout jumelé à la menace continue de
déportation vers des pays où ils font face à la torture. [.] De plus, M.
Mahjoub et M. Jaballah sont particulièrement vulnérables sur le plan de la
santé parcequ'ils ont déjà été torturés. Enfin, les trois hommes ont des
problèmes de santé liés à d'autres grèves de la faim, dont l'une en 2005
ayant duré 79 jours pour M. Mahjoub et 73 jours pour M. Almrei. Ces
antécédents augmentent le risque de complications potentiellement mortelles
pour les grévistes de la faim. »
Les grévistes de la faim exigent quelques améliorations mineures à leurs
conditions de détention. Ils revendiquent la protection contre le
harcèlement par les gardiens, l'accès à des soins médicaux, le droit à des
visites conjugales et l'instauration d'un processus de traitement des
plaintes, ce qui a été ordonné par la Cour, mais jamais mis en place. Dans
une lettre ouverte publiée au début du mois, ils ont écrit : « Nous désirons
retrouver nos êtres chers, mais en attendant que ce moment arrive, nous
voulons vivre avec autant de dignité que possible, ici au Guantanamo du
Nord. »
Au cours des dernières années, le processus des « certificats de sécurité »
du gouvernement canadien a été sévèrement critiqué, au Canada comme
ailleurs. Cependant, le Canada refuse de mettre un terme aux procédures de
déportation à l'endroit des hommes, malgré les risques de torture, et
continue de détenir trois personnes. Deux autres hommes - Mohamed Harkat d'
Ottawa et Adil Charkaoui de Montréal - ont obtenu des libérations assorties
de conditions extrêmement sévères, équivalentes à une assignation à
résidence dans le cas de M. Harkat.
-Fin-
Pour des entrevues : Janet Cleveland 514-343-6111 (poste 1-8777)
Source : Comité de soutien aux grévistes de la faim, abolissons at gmail.com,
tél. : 514 859-9023
==>POUR PLUS D'INFORMATION
Campagne contre les procès secrets, (416) 651-5800 or tasc at web.ca
Comité de soutien aux grévistes de la faim, abolissons at gmail.com, tel. 514
859 9023
Justice pour Adil Charkaoui: www.adilinfo.org
Justice pour Mohamed Harkat: www.zerra.net/freemohamed
More information about the Blem-nouvelles
mailing list