[Bloquez l'empire!] Article sur la doctrine "Rdp" de La Presse
aaron at resist.ca
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Sun Apr 2 19:59:58 PDT 2006
the following is a great op-ed by a solid journalist at la presse, jooneed
khan, debunking canada's "responsibility to protect" doctrine,
particularly in haiti.
aaron
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La Presse
Monde, mercredi 29 mars 2006, p. A21
Regard sur le monde
"Responsabilité de protéger": qui et quoi?
Khan, Jooneed
" La responsabilité de protéger ". C'était la doctrine invoquée par les
libéraux de Paul Martin pour engager le Canada à " changer de régime " en
Haïti.
La rencontre cruciale, baptisée " L'Initiative d'Ottawa ", eut lieu en
janvier 2003. Mais l'initiative venait en fait des États-Unis.
Avant même les élections de 2000 en Haïti, Washington orchestrait une
déstabilisation multiforme du régime- asphyxie économique, paralysie du
pays par la mobilisation des oppositions, préparation d'un assaut armé sur
Port-au-Prince.
Le président Jean-Bertrand Aristide riposta en réclamant à la France la
restitution de " la rançon de l'indépendance " payée sur 150 ans et
estimée par lui à 21 milliards d'actuels dollars US. Paris s'aligna sur
Washington.
C'est Denis Paradis, ministre de la Francophonie, qui convoqua la réunion
d'Ottawa. Il s'était signalé dès 2000, s'émouvant de la condition
infrahumaine du peuple haïtien.
Les États-Unis préparaient alors le " changement de régime " en Irak.
Ottawa et Paris s'en étaient dissociés. Mais les trois s'entendirent pour
faire la même chose en Haïti, où il y avait pourtant un gouvernement
démocratiquement élu.
" Aristide doit partir ", conclua la soi-disant " Initiative d'Ottawa ".
Financée entre autres par les Affaires étrangères et la Fondation Ford, la
FOCAL (Fondation canadienne pour les Amériques), y soumit un texte
qualifiant Haïti d'" État en faillite " et proposant sa mise sous tutelle
pour plusieurs années.
Aristide fut renversé le 29 février 2004. Une Force intérimaire
(États-Unis, Canada, France) fut déployée. Les Casques bleus de la
MINUSTAH prirent ensuite la relève.
Mais les violations des droits, les tueries et les arrestations
augmentèrent. Des rapports des universités de Miami et de Harvard ont
documenté " la catastrophe des droits humains " sous la MINUSTAH. Des
documentaires (Haiti: The Untold Story, Democracy Undone, et Aristide: The
Endless Revolution) en ont diffusé les images horibles.
Au Canada, l'électorat d'origine haïtienne a contribué à battre des
libéraux comme Pierre Pettigrew et Liza Frulla au dernier scrutin fédéral.
En Haïti, les électeurs, bravant les obstacles et la pagaille, ont dit non
à l'ingérence étrangère en élisant René Préval à la présidence le 7
février dernier.
Bref, l'aventure haïtienne du Canada est en faillite. Mais les Affaires
étrangères et la chaire Raoul-Dandurand, avec l'UQAM et des ONG pro-"
changement de régime ", comme Alternatives, tenaient cette semaine un
colloque sur... " L'avenir de la responsabilité de protéger ", avec
référence à Haïti, l'Irak, l'Afghanistan, le Darfour.
Les intérêts des " protecteurs "
Les mots " sécurité ", " paix ", " démocratie " et " aide humanitaire "
dominaient les interventions de la vingtaine d'universitaires, diplomates,
fonctionnaires et responsables d'ONG invités. La dissidence s'y exprimait
seulement sous la forme interrogative.
Des considérations économiques et stratégiques, nulle mention. Pourtant,
Haïti intéresse les investisseurs canadiens (et les élites locales) par
ses gisements d'or, d'argent, de cuivre et de bauxite, par son potentiel
de barrages hydroélectriques, par sa Zone franche à Ouanaminthe, dans le
Nord, et par son double attrait de réservoir de main d'oeuvre à bon marché
et d'un éventuel État faible sous tutelle étrangère.
Haïti a aussi son importance stratégique. Washington lorgne depuis
longtemps le Môle Saint-Nicholas, dans le Nord-Ouest, pour y établir une
base navale. Face au réveil des Amériques, il veut plus que jamais garder
Haïti dans son giron. Et contrôler ce peuple d'esclaves insurgés qui
rompirent le joug colonial voilà deux siècles.
L'intérêt économique et stratégique de l'Irak se passe d'explications.
Idem pour l'Afghanistan où, tout en poussant l'OTAN vers l'Asie centrale,
Washington entend surveiller tout éventuel pipeline entre l'Iran et
l'Inde. Au Darfour, pétrole et gaz ne sont pas étrangers à la sollicitude
occidentale- Washington vient d'évoquer, là aussi, un éventuel déploiement
de l'OTAN.
Alors, la " responsabilité de protéger " vise qui et quoi? Les "
populations en détresse " ou les intérêts économiques et stratégiques des
" protecteurs " autoproclamés?
Catégorie : Politique nationale et internationale
Sujet(s) uniforme(s) : Politique extérieure et relations internationales;
Élections Taille : Moyen, 469 mots
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Doc. : news·20060329·LA·0042
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