[Bloquez l'empire!] ENTREVUE EXCLUSIVE AVEC ADIL CHARKAOUI

Mary Foster mfoster at web.ca
Tue Sep 13 10:25:22 PDT 2005


(Pour rejoindre la liste de diffusion de la Coalition Justice pour Adil
Charkaoui et recevoir les mises-à-jour sur la lutte contre les certificats
de securité et les dossiers des cinq détenus, dont Adil Charkaoui et
gréviste de la faim Mohammad Mahjoub, envoyer une email à
justiceforadil-subscribe at lists.riseup.net.)

ENTREVUE EXCLUSIVE AVEC ADIL CHARKAOUI
Radio Canada
Sophie-Hélène Lebeuf

Écoutez l'entrevue au
http://radio-canada.ca/nouvelles/actualite/nouvelles/200509/09/003-securite-
entrevue_a.shtml

9 septembre 2005

 « Je ne veux pas seulement la liberté, mais la justice. »

La liberté, Adil Charkaoui l'a obtenue sous conditions en février 2005 après
avoir été emprisonné pendant près de deux ans en vertu d'un certificat de
sécurité. Les autorités canadiennes soupçonnent ce résident permanent
d'origine marocaine, arrivé au pays en 1995, d'appartenir à un réseau
terroriste relié à Al-Qaïda. Mais l'universitaire de 32 ans, père de deux
enfants, clame son innocence et conteste la validité du procédé qui a mené à
sa détention. Il a rallié à sa cause de nombreux appuis et est devenu, pour
plusieurs, un symbole de la lutte pour les droits la personne.

Le 22 mai 2003, après avoir reconduit sa femme enceinte et sa fillette de
deux ans chez un membre de leur famille, la vie d'Adil Charkaoui bascule. Il
circule sur l'autoroute en direction de l'université lorsqu'il est encerclé
par plusieurs voitures de services gouvernementaux. Des agents de la
Gendarmerie royale du Canada (GRC), de l'Agence des services frontaliers du
Canada, du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), de la
Sûreté du Québec, de la police de Montréal et d'Immigration Canada, certains
armés, l'arrêtent en vertu d'une mesure exceptionnelle de la loi sur
l'immigration. « Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait », dit-il.

Ce n'est qu'une fois à la prison de Rivière-des-Prairies qu'il apprend
l'existence du certificat de sécurité délivré à son endroit. « La télé était
allumée », se rappelle-t-il. Ils parlaient de l'arrestation d'un agent
d'Al-Qaïda, Adil Charkaoui. Moi, j'étais vraiment sidéré. »

Ces certificats de sécurité, une procédure qui permet l'expulsion vers leur
pays d'origine les personnes soupçonnées de menacer la sécurité nationale,
Adil Charkaoui les définit plutôt comme des certificats de « culpabilité ».
« Il est presque impossible de gagner contre cette loi », déplore-t-il.
Détention sur la base de soupçons, divulgation d'une partie seulement de la
preuve à l'accusé : « c'est un simulacre de procès, c'est une vraie
parodie », s'insurge-t-il. « C'est vraiment du vrai Kafka. »

Plusieurs manifestations ont été organisées en appui à Adil Charkaoui.Adil
Charkaoui obtient une libération conditionnelle en février 2005. « La liste
[de restrictions] est vraiment longue », soupire-t-il. Un parent doit
l'accompagner s'il sort de chez lui, il doit respecter un couvre-feu (entre
20 h 30 et 8 h), il doit se soumettre à plusieurs interdictions: quitter
l'île de Montréal, utiliser un ordinateur, utiliser un autre téléphone que
celui de son domicile, entrer en contact avec des personnes ayant un casier
judiciaire de même qu'avec plusieurs individus dont le nom figure sur une
liste. Un précédent dans une cause d'immigration, il porte également un
bracelet de surveillance électronique - qu'il décrit comme un « bracelet de
la honte ». « Le comité onusien sur la détention arbitraire a bien dit [...]
que le Canada n'avait pas le droit de me traiter comme un criminel »,
rapporte-t-il.

« Quand on ne peut pas toucher ses enfants, sa femme, sa famille, qu'il y
une vitre entre les êtres qui nous sont chers, c'est incroyable, c'est à en
devenir fou », se plaint-il. Il y a aussi ces « petits détails », comme « ne
pas pouvoir respirer l'air frais ». Une dette que doivent payer les
criminels envers la société, mais une injustice difficile à « digérer »
lorsqu'on est innocent, soutient-il. Ce qu'il trouve le plus difficile,
c'est toutefois « le regard des autres », ne sachant pas s'il doit y lire de
l'empathie ou de la suspicion.

SUITE : DANS LA LIGNE DE MIRE DU SCRS

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