[Bloquez l'empire!] (fw) Lettre ouverte aux dirigeants de l'organisme Alternatives de la part d'un ancien stagiaire]
Bloquez l'empire
mfoster at web.ca
Wed Oct 5 05:23:05 PDT 2005
From: <rgreen at sdf.lonestar.org>
>
>
> *pour diffusion massive*
>
> Lettre ouverte aux dirigeants de l'organisme Alternatives de la part d'un
> ancien stagiaire
> (Traduit par Christopher Scott et Marina Douceraine)
>
>
> En tant qu'ancien stagiaire de l'organisme Alternatives ayant participé à
> deux stages au Sénégal, je prends la plume pour exprimer mon indignation
> quant à la présente position assumée par Alternatives sur les évènements
> en Haïti. Bien qu'ayant toujours été conscient des imperfections
> d'Alternatives, j'ai toujours supporté l'organisation dans louable effort
> d'offrir aux Québecois information et analyse - dont le besoin se faisait
> cruellement sentir - sur des enjeux d'injustice politique et économique à
> travers le monde. Toutefois de récents évènements m'ont forcé à remettre
> en question ce jugement, au point qu'il est de mon devoir de parler. Il ne
> s'agit pas ici de « remuer de la boue », mais plutôt d'écrire dans
> l'espoir qu'Alternatives envisage de réviser sa douteuse et
> incompréhensible position sur les évènements en Haïti.
>
> Il y a quelques semaines, j'ai reçu par courriel un article de l'activiste
> Nikolas Barry-Shaw, de Haiti-Action-Montreal. Avec pour titre « Why is
> Alternatives in the same boat as Noriega en Haiti? Mr. Contra and
> Montreal-based NGO share same analysis. », cet article est reproduit plus
> bas. Il s'agit d'une critique d'un article de François L'Écuyer « La
> militarisation de la paix en Haïti », qu'Alternatives publia en première
> page de leur cahier dans le Devoir. Barry-Shaw y reprochait à L'Écuyer et
> à Alternative de décrire la violence actuelle en Haïti comme étant la
> seule oeuvre de l'ancien dirigeant élu Jean-Bertrand Aristide et ses
> appuis dans le parti Fanmi Lavalas. Ce faisant, écrivit Barry-Shaw,
> Alternatives répétait la même fausse vision des évènements en Haïti que
> celle offerte par les partisans du coup d'état contre Aristide and du
> régime qui s'ensuivit: l'administration Bush, les gouvernements Canadiens
> et Français ainsi que l'élite Haïtienne.
>
>
> Ayant suivi l'actualité haïtienne durant et après le coup d'état par
> l'intermédiaire de différents organes de média indépendants reconnus (ex.
> Democracy Now ; Zmag.org.) j'ai été immédiatement surpris de voir
> Alternatives adopter une telle position. J'ai fait suivre l'article de
> Barry-Shaw à mes co-stagiaires de QSF Sénégal afin de voir si quelques-uns
> parmi eux en savaient plus sur cette position à la fois problématique et
> peu courante d'Alternatives. Un de ces derniers a écrit directement à
> François L'Ecuyer pour lui demander ce qu'il en était. Plutôt que de
> répondre à quelques-uns des points que l'article de Barry-Shaw soulevait,
> M. L'Ecuyer a répondu sur un ton assez paternaliste que mon ami « ne
> devrait pas croire tout ce qu'il lisait ». Il lui a par ailleurs
> recommandé d'assister à un atelier de discussion sur Haïti qui se
> tiendrait dans le cadre des prochaines Journées d'Etudes d'Alternatives.
> J'ai donc décidé de suspendre mon jugement tant que je n'aurais pas
> entendu personnellement ce que la conférence avait à dire.
>
> Après avoir assisté à ladite conférence, je suis plus convaincu que jamais
> que l'analyse d'Alternatives sur la situation haïtienne est extrêmement
> problématique et que celle-ci entre en contradiction directe avec sa
> mission avouée de « promouvoir justice et égalité entre les individus et
> les communautés situés dans le nord et dans le sud ».
>
> Le premier problème concerne le fait que les conférenciers ont passé une
> bonne partie de la soirée à diaboliser le personnage de Jean-Bertrand
> Aristide. Aristide a été désigné comme un ennemi reconnu des mouvements
> sociaux sans aucune base légitime d'appui populaire en Haïti. Un
> conférencier s'est même permis de comparer son gouvernement à la dictature
> déchue de Duvalier en insinuant qu'Aristide et Duvalier représentaient
> exactement les mêmes intérêts, à savoir une élite haïtienne corrompue.
> Alors que la communauté haïtienne de Montréal demeure très divisée au
> sujet d'Aristide, aucune perspective pro-Aristide n'a été présentée par
> les conférenciers. Ceci est en soi quelque peu préoccupant, étant donné
> qu'Aristide a été le premier et unique chef d'état de son pays à se faire
> élire démocratiquement : de multiples sondages lui accordent d'ailleurs
> l'appui d'une majorité d'haïtiens, tout particulièrement dans les
> quartiers pauvres du pays. En tant qu'organisme qui se dédie présumément à
> la « solidarité internationale », il paraît assez contradictoire
> qu'Alternatives prêche le concept de solidarité avec le peuple haïtien en
> théorie, alors qu'en pratique Alternatives s'oppose aux exigences
> démocratiques les plus élémentaires de ce même peuple.
>
> Une des approches de ceux qui diabolisaient Aristide était de le présenter
> en tant qu'idéologue néolibéral, et ce, sans tenir compte des multiples
> pressions et conditions que les Etats-Unis et le FMI avaient imposées à
> son gouvernement. S'il est indéniable que le gouvernement d'Aristide a
> appliqué un certain nombre de mesures néolibérales, il est également vrai
> que celui-ci a fait l'objet de nombreuses critiques de la part des
> États-Unis et du FMI pour ne pas avoir appliqué ces mesures avec assez de
> zèle. De plus, avant le coup d'état de 2004, Haïti souffrait de l'embargo
> sur l'aide que lui imposait le FMI, dont une des causes principales avait
> été la décision du gouvernement de consacrer des ressources à la formation
> de médecins - qui faisaient cruellement défaut - plutôt qu'au
> remboursement d'une dette étrangère illégitime. Cela ne caractérise guère
> l'attitude d'un néolibéral obstiné. L'ironie est à son comble lorsqu'une
> telle analyse est véhiculée au cours d'une conférence d'Alternatives.
> Depuis bien des années Alternatives critique le FMI à un tel point que
> lorsqu'il est question, par example, du néolibéralisme en Afrique, on ne
> nomme que rarement, et bien accessoirement, les chefs d'état: toute la
> responsabilité de ces politiques étant attribuée au FMI. Toutefois, lors
> de cette dernière conférence le FMI ne fut même pas évoqué, et Aristide a
> été présenté comme étant l'unique instigateur du néolibéralisme en Haïti.
>
> Mais à mon sens le pire aspect de cette conférence a été son silence
> presque total au sujet de la violence et de l'injustice qui sont
> perpétrées par le nouveau régime haïtien proche des Etats-Unis. Aucune
> référence n'a été faite aux massacres commis par la police haïtienne,
> alors que ceux-ci sont bien documentés. Il n'y a eu aucune mention non
> plus du nombre croissant de prisonniers politiques qu'Amnistie
> Internationale, entre autres, a documenté. Lorsque le militant Yves
> Engler, d'Haïti Action Montréal, s'est levé pendant la période de
> questions pour énumérer une longue liste de tels abus, il s'est vite fait
> couper la parole par l'animatrice Monique Simard, qui l'a enjoint de
> rester bref. Quand les conférenciers ont fini par répondre, ils sont passé
> complètement à côté des questions soulevées par Mm. Engler et Barry-Shaw,
> et ont préféré tenter de les caricaturer comme étant des apologistes
> partisans d'Aristide. Etant donné le peu de variété dans le choix des
> conférenciers, les caractérisations sans perspective ou nuance de la
> personne d'Aristide et le silence total en ce qui a trait à la violence
> bien documentée du régime actuel, j'ai fini par me demander quels étaient
> les vrais « apologistes partisans »...
>
> Plus encore, je me suis demandé pourquoi Alternatives adoptait une telle
> position. Si Alternatives se trouve à être un des promoteurs les plus
> assidus du Forum Social Mondial (FSM), pourquoi Alternatives prendrait-il
> une position qui contredit directement la déclaration de cette année du
> FSM sur Haïti ? Si cette déclaration mérite discussion, c'est parce
> qu'elle illustre à quel point Alternatives s'est éloigné de ses positions
> habituellement progressistes. La déclaration réclame en première instance
> « le retour de Président Aristide et la reprise du processus démocratique
> en Haiti... ». Je vois difficilement le FSM avancer un tel plaidoyer en
> faveur de l'idéologue néolibéral que serait Aristide d'après
> Alternatives. La troisième demande du FSM est que « Les forces de
> stabilisation des Nations Unies doivent cesser les arrestations illégales,
> les interventions militaires ciblant les quartiers pauvres et le support
> aux opérations illégales de la Police Nationale et des membres de
> l´ancienne armée. »
>
> Après avoir dressé toute une liste d'atrocités, liste à laquelle les
> conférenciers ne daignèrent pas répondre, Yves Engler a demandé si le
> positionnement d'Alternatives ne serait pas attribuable au fait que le
> Canada joue un rôle clef dans lesdites 'forces de stabilisation', et
> qu'Alternatives est financé largement par le gouvernement canadien par
> l'entremise de l'Agence Canadienne pour le Développement International
> (ACDI). Sans vraiment toucher à la question du financement de l'ACDI,
> l'animatrice Monique Simard a répondu en affirmant « qu'Alternatives est
> un organisme entièrement indépendant. ». Si ceci peut être vrai, il reste
> néanmoins possible qu'Alternatives choisisse « indépendamment » de céder
> aux pressions d'un de ses principaux commanditaires. Tant qu'Alternatives
> n'aura pas répondu publiquement aux très sérieuses questions soulevées par
> Mm. Engler et Barry-Shaw, la pression de l'ACDI restera le seul facteur
> que bien des gens et moi-même trouverons plausible pour expliquer sa
> position.
>
> Si le financement de l'ACDI exerce réellement une telle pression, alors
> c'est un phénomène extrêmement regrettable, et il est à souhaiter que bien
> d'autres amis d'Alternatives prendront d'ici peu la parole pour dénoncer
> la situation. Peut-être serait-il nécessaire d'établir une démocratie
> interne pour faire un contrepoids aux pressions que les dollars de l'ACDI
> peuvent exercer sur l'organisme. Si ce n'est point le cas, alors
> Alternatives doit répondre clairement et publiquement aux préoccupations
> qui ont été abordées par Mm. Barry-Shaw et Engler, ainsi que par moi-même
> dans cette lettre. Jusqu'à date, ces préoccupations sont restées sans
> réponse, les dollars de l'ACDI demeurent donc le seul facteur susceptible
> d'expliquer la position bizarre et peu courante d'Alternatives dans le
> dossier haïtien. Si Alternatives désire que ses alliés prennent au sérieux
> son titre d'organisme indépendant, alors Alternatives se doit de
> justifier, ou espérons-le, de revoir, sa position indéfendable sur Haïti.
>
> Solidairement,
>
> Rob Green
>
> Stagiaire d'Alternatives, 2002 et 2003 (Sénegal)
>
> Anciennes/Anciens stagiaires d'Alternatives qui appuient le contenu de
> cette lettre :
> Christopher Scott - 2003 (Sénégal) et 2004 (Arménie)
> Alexandre St.Germain-Lapointe - 2003 (Sénégal) et 2004 (Chili)
> Vicky Potvin - 2003 (Sénégal)
> Dawn Paley - 2003/2004 (Afrique du Sud)
>
>
> By: Nikolas Barry-Shaw Aug-25-2005
>
> Traduit par Berenger Enselme
>
> (L'article auquel répond ce document est disponible en français à
> http://www.alternatives.ca/article1913.html )
>
> Ce sont vraiment des jours étranges lorsqu'une ONG progressiste se
> retrouve du même côté de la barrière que Roger Noriega, le diplomate
> états-unien connu pour avoir organisé l'armée Contra qui a terrorisé le
> Nicaragua tout au long des années 80. Pourtant, c'est exactement le cas
> d'Alternatives, une « organisation non gouvernementale de solidarité » du
> Québec dont le but est de promouvoir la « démocratie » et « la justice
> socio-économique et l'égalité ». Son mandat et ses contributeurs
> principaux, comme Naomi Klein et Judy Rebick, devraient normalement placer
> un tel groupe à l'opposé de Noriega. Il n'en est rien, comme le révèle
> l'édition de juillet du « Journal Alternatives », une publication qui
> accompagne une fois par mois le quotidien « Le Devoir » dans le but de
> créer « une fenêtre d'information alternative sur notre monde ».
>
> L'article de première page de François L'Ecuyer intitulé « La
> militarisation de la paix en Haïti » est une honteuse parodie de
> journalisme : des affirmations sans substance, des arguments sans logique,
> des sources anonymes et des anecdotes présentées comme des preuves
> formelles tout au long de l'article. La principale de ces transgressions
> est l'affirmation de L'Ecuyer selon laquelle « Les Chimères, gangs fidèles
> au président Aristide et armés par lui» ont lancé une campagne pour
> déstabiliser le pays, appelée « Opération Bagdad », dans le but de faire
> échouer les élections planifiées pour octobre et novembre 2005. On lit que
> le président destitué d'Haïti, Jean-Bertrand Aristide, profite
> politiquement de la violence dont souffre Haïti, tandis que d'autres
> secteurs bénéficient financièrement du chaos.
>
> L'analyse de L'Écuyer sur la situation en Haïti ressemble étrangement à la
> propagande disséminée par les hauts fonctionnaires des gouvernements des
> États-unis et du Canada. Une semaine avant la parution de l'article de
> L'Écuyer, Roger Noriega, Assistant au Secrétaire d'État pour les affaires
> de l'hémisphère occidental, avait donné un compte-rendu similaire : «
> Aristide et son camp sont singulièrement responsables de la plupart de la
> violence et de la nature concertée de la violence, » (Miami Herald, 24
> juin 2005). Comme L'Écuyer, Noriega argumente que, tandis que « des
> organisations criminelles opportunistes » sont impliquées dans les
> enlèvements et autres crimes, « Aristide et ses gangs jouent un rôle
> central dans la génération de la violence, et essaient d'instaurer un
> climat d'insécurité », en une dernière « tentative désespérée de
> terroriser le peuple Haïtien et de les priver d'une bonne gouvernance.»
>
> L'Écuyer répète sans critique aucune la fiction de l' « Opération Bagdad »
> répandue par l'élite Haïtienne pour justifier la répression grandissante
> dont les pauvres sont victimes. Notamment, l'étiquette « Opération Bagdad
> » a été concoctée par Jean-Claude Bajeux, un membre d'un parti politique
> anti-Aristide, et a été répétée sans cesse par le gouvernement transitoire
> et la presse internationale. Des porte-parole de Fanmi Lavalas ont
> immédiatement dénoncé la violence du 30 septembre - le jour qui
> supposément devait marquer le début des tentatives de déstabilisation -
> déclarant que l' « Opération Bagdad » était une « tentative calculée de
> manipuler les médias et le public états-uniens. » La base de Lavalas a
> également rejeté l'étiquette : le 16 décembre 2004, à Cap-Haïtien, 10000
> sympathisants de Lavalas ont marché derrière une banderole sur laquelle on
> pouvait lire « L'Opération Bagdad est une conspiration du groupe des 184
> pour mettre fin à Lavalas. Ils échoueront ! » Alors on se demande qui
> L'Ecuyer a en tête lorsqu'il parle de groupes dont le « but avoué » est la
> campagne de déstabilisation appelée « Opération Bagdad », étant donné que
> Lavalas et ses sympathisants se sont distanciés de ce titre.
>
> Le 30 septembre 2004, des policiers masqués ont tué plusieurs manifestants
> non armés qui commémoraient le premier renversement d'Aristide. Le Premier
> Ministre Gérard Latortue, dans une entrevue radiophonique du 1er octobre,
> ne s'en repentit pas : « Nous avons tiré sur eux. Certains sont morts,
> certains ont été blessés et les autres ont fui. » La police et les
> officiels du gouvernement ont par la suite affirmé que les manifestants
> avaient attaqué la police, tuant et décapitant trois officiers. Le
> gouvernement refusa de décliner l'identité des policiers ou d'autoriser
> journalistes et enquêteurs en droits humains de voir les corps. Aucune
> photo des corps n'a été fournie non plus. Le Comité des Avocats pour le
> Respect des Libertés Individuelles (CARLI), un critique sévère d'Aristide
> lorsqu'il était au pouvoir, a enquêté sur l'« Opération Bagdad » et en est
> arrivé à la conclusion qu'aucune opération de ce type n'avait été lancée
> par les sympathisants de Lavalas. CARLI a découvert que deux officiers,
> Ancelme Milfrane et Jean Janvier, avaient été décapités, mais ils avaient
> été tués le 29 septembre par d'anciens soldats. Ce n'est qu'après la
> manifestation massive du 30 septembre que les médias du gouvernement et de
> l'élite ont commencé à accuser Lavalas pour ces assassinats. Il se trouve
> que la décapitation était (et est) une pratique courante de la détestée et
> redoutée ex-Armée Haïtienne (FAd'H).
>
> L'Ecuyer annonce aussi bizarrement que « le mot se répand » que la
> MINUSTAH (la force de maintien de la paix de l'ONU en Haïti) a un penchant
> pro-Lavalas, mais n'a pourtant trouvé qu'une incident plutôt vague comme
> preuve : «En février 2005, les manifestations des partisans armés
> d'Aristide se déroulaient sous la haute protection des forces onusiennes,
> qui avaient pris soin de tenir la police à l'écart. Le ministre de la
> justice d'alors, Bernard Gousse, avait même soutenu que parmi les
> manifestants, il y avait des « évadés de prison » ». Puisqu'il ne donne
> pas de date, on ne peut que deviner à quelles manifestations L'Ecuyer se
> réfère ; peut-être la manifestation du 8 février à laquelle ont participé
> des milliers de sympathisants pacifiques de Lavalas, qui selon Agence
> Haïtien Presse, « a été interrompue par une patrouille de police
> accompagnée d'individus en civil, qu'on appelle « attachés » qui auraient
> commencé a tirer sur les manifestants, en blessant plusieurs », avant que
> les troupes de l'ONU n'interviennent. Ou peut-être L'Ecuyer a-t-il en tête
> la manifestation du 28 février, à côté de laquelle des troupes de la
> MINUSTAH se tenaient tandis que la police ouvrait le feu sur des
> manifestants non armés, tuant cinq d'entre eux et en blessant des
> dizaines. Un sérieux penchant pro-Lavalas, en effet.
>
> Ce dernier incident s'est montré un tel embarras pour l'ONU qu'elle a été
> obligée de fournir un minimum de protection aux manifestants et a même
> commencé à sévir contre les FAd'H reconstituées dans la campagne. Sous la
> protection accrue de l'ONU, les manifestations appelant au retour du
> président Aristide et la libération des prisonniers politiques ont alors
> pris de l'ampleur. Malgré tout, la MINUSTAH est vite revenue à ses
> habitudes de laisser la Police Nationale d'Haïti (PNH) terroriser les
> protestataires pacifiques. Le 24 mars, la police a ouvert le feu sur une
> manifestation à Cité Soleil, tuant 3 à 5 manifestants et le 27 avril, 9
> manifestants supplémentaires ont été tués à Bel-Air malgré la supervision
> de l'ONU. Le retournement de l'ONU a été largement dû au harcèlement du
> gouvernement transitoire et des médias haïtiens l'accusant de protéger les
> « bandits » de Lavalas.
>
> Les accusations vagues de L'Ecuyer sont catégoriquement contredites par un
> rapport détaillé de la Harvard Law School étudiant la performance de l'ONU
> en Haïti. Le rapport d'Harvard, établi en octobre 2004 et janvier 2005, a
> découvert que « la MINUSTAH a effectivement fourni une couverture à la
> police pour qu'elle mène une campagne de terreur dans les bidonvilles de
> Port-Au-Prince. Plus pénibles encore que la complicité de la MINUSTAH aux
> abus de la PNH sont les allégations crédibles d'entorses aux droits
> humains perpétrées par la MINUSTAH elle-même. » Le 6 juillet, Reuters
> rapportait que « à peu près 400 troupes et 41 véhicules blindés et
> hélicoptères, ainsi que plusieurs dizaines d'agents de police Haïtiens,
> ont mené un raid à Cité Soleil, le plus grand bidonville d'Haïti. » Tandis
> que l'ONU déclarait que seulement 5 « criminels » avaient été tués, « les
> résidents disaient que le nombre de tués était entre 25 et 40. » L'article
> de Reuters citait également Ali Bescnaci, directeur de la mission de
> Médecins sans frontières en Haïti : « Nous avons reçu 27 personnes
> blessées par balle le 6 juillet. Les trois quarts étaient des enfants et
> des femmes. »
>
> En répétant inconsidérément les affirmations de la tendance pro-Lavalas de
> l'ONU, L'Ecuyer non seulement obscurcit les graves atteintes aux droits
> humains qui sont commises par l'ONU en Haïti, mais aide également les
> élites poussant l'ONU vers des actions plus répressives envers les
> pauvres, telles le massacre du 6 juillet.
>
> La solution de L'Ecuyer au problème d'insécurité dans la capitale d'Haïti
> (étant donnée la soi-disant nature compromise de la MINUSTAH) est de
> fournir plus d'armes et de soutien à la PNH. L'administration Bush a
> autorisé la livraison d'une nouvelle cargaison d'armes au gouvernement
> transitoire début août, malgré un embargo sur les armes depuis longtemps
> en place. Pourtant, selon de nombreux rapports sur les droit humains, la
> PNH est la principale responsable de l'escalade de la violence en Haïti :
> un rapport récent de l'International Crisis Group remarque que la PNH a «
> pris le relais des anciennes pratique des FAd'H, y compris des opérations
> de style militaire dans les quartiers pauvres de la capitale avec peu de
> considération pour les dommages collatéraux infligés aux civils. » Pas
> vraiment une surprise, quand on sait que plus de 500 ex-soldats ont été
> intégrés à la PNH, et que les hauts rangs de la PNH sont presque tous
> occupés par des ex-officiers des FAd'H, tandis que 500 à 1000 autres sont
> en train d'être entraînés. En plus de leurs attaques délibérées contre les
> pauvres, selon les rapports de l'ICG et d'autres sources, la nouvelle PNH
> est impliquée dans des enlèvements et des trafics de drogues, une vieille
> habitude des FAd'H. Chose étonnante, dans un article sur les raisons de
> l'instabilité et la « militarisation » d'Haïti, L'Ecuyer ne fait aucune
> mention des anciens militaires, recatégorisés tout d'abord comme «
> rebelles » quand ils aidaient au renversement d'Aristide et maintenant
> comme « police » tandis qu'ils répriment les quartiers pauvres.
>
> La correction des vues erronées de L'Ecuyer sur l' « Opération Bagdad »
> aboutit à une inversion des principaux arguments de l'article. Les
> accusations concernant la tendance pro-Lavalas de l'ONU ne sont plus alors
> que des tentatives de contraindre la MINUSTAH à une répression encore plus
> grande de la majorité pauvre. Malheureusement, la fréquence accrue des
> raids « anti-gangs » dans des quartiers comme Bel-Air ou Cité Soleil
> semble indiquer que les forces onusiennes tiennent compte de ces conseils.
> De la même façon, l' « Opération Bagdad » n'apparaît plus alors comme un
> outil politique violent de Lavalas, mais bien comme une campagne majeure
> de désinformation utilisée pour justifier les attaques anti-Lavalas.
> L'Ecuyer se joint à cette tentative lorsqu'il accuse, sans une trace de
> preuve, l'activiste Samba Boukman de Bel-Air et le travailleur en droits
> humains Ronald St-Jean d'être des « criminels notoires. » Dans un contexte
> où les victimes d'opérations policières sont couramment étiquetés comme «
> bandits » ou « criminels » de façon posthume, ceci est extrêmement
> dangereux.
>
> Le site web d'Alternatives donne une indication des forces derrière la
> position répréhensible qu'ils ont sur Haïti : plus de 50% des fonds de
> l'organisme provient du gouvernement Canadien, la majorité étant reçue du
> Agence canadienne de développement international (ACDI). De plus, dans une
> récente entrevue, L'Ecuyer admettait que la totalité des 15 groupes avec
> lesquels Alternatives travaille en Haïti (la plupart desquels sont
> subventionnés par le ACDI) sont anti-Lavalas. Ce n'est donc pas un hasard
> si L'Ecuyer et Alternatives n'ont presque rien dit sur les nombreuses
> violations des droits humains commises par le gouvernement intérimaire
> d'Haïti, un régime fortement soutenu par le Canada. Tout cela sape la
> crédibilité d'Alternatives en tant qu'organisation promouvant la justice
> sociale. Quoi qu'Alternatives objecterait sans doute à être appelée un
> outil de l'impérialisme Canadien, l'article de L'Ecuyer pourrait bien
> mener à une telle conclusion.
>
> S'il vous plait, envoyez cet article à François L'Ecuyer et Alternatives
> et demandez qu'Alternatives imprime au complet la déclaration sur Haïti du
> Forum Social Mondial 2005 (disponible à
> http://haitiaction.net/News/FL/1_30_5.html) dans le prochain numéro de
> leur journal.
>
> François L'Ecuyer, Directeur du projet Afrique - francois at alternatives.ca
>
> Alternatives - alternatives at alternatives.ca
>
>
>
>
>
>
>
>
>
>
> --
> rgreen at freeshell.org
> rgreen at sdf.lonestar.org
> (They're both the same account. I switched to the 'freeshell' one cause
> it's easier to remember. You can send mail to either and I'll get it.)
> **********
> MOBMTL LISTSERV:
> -Mobilisation Montréalais pour les manifestations contre George W. Bush à
l'occasion de sa première 'visite d'état' à Ottawa (30 nov. - 1 dec. 2004)
>
> -Montreal mobilization for protests against George W. Bush's on the
occasion of his 'state visit' to Ottawa (Nov. 30 - Dec 1 2004).
> **********
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